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Dans le cadre des activités proposées par les centres de vacances et de loisirs de la mairie de Nouméa et de l’Association calédonienne pour l’animation et la formation (ACAF), quatre groupes, de dix enfants chacun, répartis entre le travail de terrain et le travail de mise en page, ont effectué une série de reportages destinés à être publiées dans le quotidien Les Nouvelles calédoniennes et à être mis en ligne sur les sites Internet de la mairie de Nouméa et de l’ACAF.
Après s’être intéressés aux cyber-bases, aux jardins familiaux, aux plantes médicinales, au parc forestier et aux arts de la rue, ces « Petits reporters » ont couvert la journée des centres de vacances et de loisirs placée cette année sous le signe de la citoyenneté. A cette occasion, ils ont présenté en soirée un diaporama intégrant des éléments recueillis tout au long de cette journée, phrases clefs, interviews, photos…
Les articles des petits reporters
Visite à la cyber-base
Mardi 10 janvier, nous sommes allés à la cyber-base du Foyer Soleil, à la maison de quartier de Magenta. Il y a plein d’ordinateurs connectés à internet. Julie les a comptés, il y en a six exactement.
On a été accueillis par Ronaldo, Pierre et Jean-Jacques. C’est Ronaldo qui nous a fait découvrir internet, Google (prononcé gougueule), le moteur de recherches, la carte mémoire. Nous, on connaissait déjà la souris, le clavier, l’ordinateur, l’écran, la webcam…
Pierre, lui, nous a appris à utiliser l’appareil photo numérique. Nous avons pris des photos bien cadrées, bien éclairées. On les a visionnées sur l’appareil, mais on n’a pas eu le temps de les installer dans l’ordinateur. C’est internet qui nous a le plus intéressés. Grâce à Google, on peut chercher des jeux, des recettes de cuisine, des informations sur la faune et la flore calédonienne, la météo et surtout on peut aller sur les sites de Star Wars, Harry Potter ou des Diddle ...
Pour nous, internet, c’est comme une « ecsodie » (Kevin). « Non ! On dit une encyclopédie » (Scott, Tom et Maïré). Oui, c’est une gigantesque encyclopédie … virtuelle (Julie). C’est comme un réseau routier avec plein de pistes et on peut aller partout, comme des voitures, pour faire nos recherches. Mais attention, le moteur ne trouve pas toujours tout. Si on fait des fautes d’orthographe, il dit qu’il n’y a pas de résultat à notre demande (Tom).
Lexique du petit internaute
- Internet : réseau
- Google : moteur de recherches
- Sites : centaines de milliers d’informations
- Clavier : touches
- Souris : bouton – cliquer
- Ordinateur : machine
- Ecran : bureau
- Cyber-base : espace multi-média
 Bravo ! les jardins familiaux !
En visite aux jardins familiaux « de Saint-Quentin », Stan, l’éducateur du quartier nous accueille en se présentant. Puis, il nous fait visiter les différentes parcelles prêtées aux trente locataires. Ils viennent là, avec leurs familles , ils plantent et entretiennent leurs jardins avec plaisir et aussi avec beaucoup d’amour.
On y a rencontré René et Mado, deux locataires heureux et motivés. Et pour cause, Mado nous a dit qu’elle avait « la main verte ». C’est une expression pour dire qu’elle réussit toutes ses plantations.
On trouve de tout dans ces jardins extraordinaires : de gros poivrons, des tomates bien rouges et de toutes les tailles, différentes sortes de maniocs, des salades bien vertes, des cannes à sucre qui paraissent juteuses et sucrées (humm … on aurait voulu les goûter !). Il y avait aussi des haricots verts, des radis feuillus et des aubergines toutes mauves. D’ailleurs Stan nous en a offert, ainsi que des poivrons. Merci à lui et à René pour les boutures de citronnier. On a bien compris que ces jardins ne sont pas que des endroits pour planter, ce sont aussi des lieux pour donner, échanger et partager.
Des légumes et des fruits qui ont l’air délicieux, des couleurs, des sourires éclatants pour l’amour des plantes : une visite de ces jardins nous donne envie de dévorer fruits et légumes, pour bien … grandir !
Les petits reporters du Centre ACAF – Quartier de Koutio
Les plantes médicinales … on aime !
Evelyne et Monique, deux passionnées de plantes médicinales nous font visiter leur jardin extraordinaire, au Foyer Soleil, à Magenta. Elles nous disent que ce jardin a été crée en 2005, sur une idée de Thérès Pujapujane.
Oui … EXTRAORDINAIRE ! car on n’a pas besoin de gaspiller notre argent : ces plantes nous protègent, nous guérissent et nous soignent contre les maladies. On a ainsi découvert le mitré (prononcé mitché) qui sert à nettoyer notre corps quand on le boit et l’aloes, qu’on achète en pharmacie sous le nom d’Aloe Vera. On peut le manger ou le boire pour nous éviter des maladies : c’est aussi une plante anti-brûlure. Le casia tue les verrues : c’est une petite plante qui contient du lait. Quant au capalolo, mis dans le bain, il soulage les enfants qui ont la rougeole.
Mais voilà ! « Comment fait-on pour faire un médicament ? »
« Chaque plante a sa préparation, il faut bien la connaître ! » répondent en chœur Evelyne et Monique. Nous, Yohan, Ryan, Vincent et les autres , on aime les plantes médicinales. Seul Jonathan n’est pas d’accord : « Si on se trompe et que c’est une plante-poison … ! » Il est prudent, Jonathan et ne veut pas essayer n’importe quoi !
Parmi toutes ces plantes, il y en a une qui sert à protéger le jardin des mauvais regards, elle s’appelle le coleus.
Les petits reporters du Centre ACAF – Quartier de Koutio
Chouette, le Parc Forestier !
Dans le parc forestier on a vu plein d’animaux : des serpents, des ibis rouges, des perroquets, des cacatoès, des pélicans, des grues japonaises, des émeus, des barbicans etc …
Ce qui nous a le plus amusés, c’est la nuitée passée dans le parc. « C’était chouette ! » (Jordan). On s’est douchés avec le tuyau d’arrosage. On a bien mangé, et on a fait une veillée. On était sur les nattes pour regarder le spectacle du guerrier qui portait des cailloux. Puis les animateurs ont joué de la guitare. On s’est couchés à neuf heures. « J’ai bien dormi parce qu’il y avait du vent et il faisait frais » (Pascal).
Et le lendemain, on s’est levés à cinq heures. Il nous fallait préparer le repas des animaux. Elizabeth et Papilonio ont mélangé les pommes, raisins, et bananes avec les grains. On y a ajouté du pain mouillé et du miel. On a mis tout ce mélange dans les gamelles des roussettes, mais elles ne sont pas venues manger tout de suite. Elles avaient peur car on était rentrés dans les cages. « Oui, y’ en a même une qui m’a fait pipi dessus, c’était tout chaud et presque tous, on a reçu des gouttes ! » (Rachell)
Pascal a nourri un bébé martin-pêcheur avec de la viande rouge saignante. Il a déposé les morceaux sur la paille et l’oiseau sautait sur ses petites pattes pour venir manger. Il était blessé à une aile. « J’étais trop content de rentrer dans la cage et puis, justement, c’était la première fois que je donnais à manger à un martin-pêcheur. » (Pascal)
Les ibis rouges sont nourris avec des croquettes, des sardines et de la pâtée. Pour garder leur plumage rouge, les ibis doivent manger des grenouilles, des crabes, des crevettes et des insectes. C’est ce qu’il y a dans leurs croquettes. On met aussi du colorant rouge dans leur nourriture.
On était très contents de participer au nourrissage des animaux, mais on était tristes aussi de voir le martin-pêcheur blessé et de trouver un petit oiseau mort. « C’était une lunette, je l’ai donnée à Marianne, la nourrisseuse des animaux du parc » (Jordan).
Le saviez-vous ?
Le singe araignée est ainsi appelé car il se sert de sa queue pour se déplacer de branche en branche.
Le corbeau calédonien est très intelligent. Il attrape nos brindilles pour se fabriquer des outils.
Le barbican ressemble à un toucan. C’est un petit oiseau rare importé d’Afrique.
La grue japonaise est noire et blanche. Elle a un bec long et puissant.
La perruche soleil est ainsi appelée car elle est toute jaune.
La perruche amazone est verte comme la forêt d’Amazonie.
Le ara militaire est un oiseau très curieux.
L’ibis rouge a un long bec noir et jaune.
Le lori a un rond jaune sur sa poitrine. Il nous appelle en sifflant.
Le cagou est notre animal emblème. Il plane mais ne vole pas. Il n’existe qu’en Nouvelle-Calédonie.
Les petits reporters du Centre ACAF – Parc Forestier
Art de la rue : la fresque murale
Connaissez –vous la maison de quartier Artigue ?
Elle se trouve en hauteur, près de l’église de l’Espérance, aux Portes de Fer. On y a rencontré Stéphanie qui anime l’association Kawauni (qui signifie Kanak et Wallis unis).
Elle nous a présenté la grande fresque murale qui fait tout le tour de la maison Artigue. Des personnages d’ethnies diverses qui jouent de la musique, lisent ou pratiquent le basket-ball, décorent les murs.
La flore est représentée par la mangrove, les cocotiers, les pins colonnaires et le grand banian. L’oiseau, le perroquet, la roussette, le cagou, puis le lézard et enfin, la pieuvre, l’ hippocampe, le dauphin et autre tortue sont les symboles des trois éléments de la nature : air, terre, mer .
Stéphanie est fière de nous montrer et de nous expliquer la symbolique de cette fresque. On ne fait pas de différences ici : garçons-filles, jeunes-vieux, musique moderne ou traditionnelle, toutes ethnies rassemblées. La maison de quartier Artigue est ouverte à tous. C’est pour ça qu’on voit sur la fresque un personnage qui souffle dans sa toutoute (conque) pour appeler les gens à venir nous voir.
Réva insiste même : « C’est pour ça aussi que la pieuvre porte un collier avec le symbole de la paix »
Questions à Stéphanie, intervenante en peinture murale
1- Qui a choisi tous ces dessins ?
Au départ, c’est un chantier-découverte avec dix jeunes encadrés par William Adjouniope, un artiste qui n’est pas connu. Il nous a demandé nos idées, c’était notre guide. Il a choisi nos dessins, puis il les a mis en forme.
2- Explique - nous comment vous avez fait les dessins ?
On a travaillé pendant 2 semaines . La première semaine on a dessiné. Puis William a choisi nos dessins, il les a refaits. Et la deuxième semaine, on a peint les dessins tracés par William.
3- Qui a payé cette maison de quartier ?
C’est la Mairie de Nouméa.
4- Et qu’est-ce que fait d’avoir une maison de quartier toute dessinée ?
Ca nous fait très plaisir, par ce que ça fait un an qu’on l’attendait. Et enfin, elle est ouverte !
5- Est-ce que les gens sont venus vous voir, quand vous avez peint ?
Ils sont venus, oui. Et aussi, ils nous ont donné la main.
6- Et que pensez-vous des tags et des dessins sur votre peinture ?
On n’est pas contents. C’est un non-respect pour les personnes qui ont fait ce travail long et difficile. Et en plus, ça n’fait pas joli.
7- Est-ce que tu fais partie d’une association ? Comment elle s’appelle ?
Oui, c’est l’association Kawauni. Ca veut dire Kanak et Wallis unis. On ne fait pas de différences entre les races et puis, on lutte contre l’alcool, le cannabis. Par la danse et la peinture, on veut montrer aux jeunes qu’il y a d’autres chemins à prendre.
8- Comment vous faites à la Maison de quartier et à l’association ?
On travaille ensemble. On vient s’entraîner là. On veut avoir un esprit de communauté pour mieux vivre ensemble.
Les petits reporters ACAF du Centre Culturel Tjibaou.
31/01/2006 |