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L’explosion démographique que connaît depuis plus d’une
décennie l’agglomération du Grand Nouméa et la forte
attractivité de la ville ont entraîné une augmentation
des déplacements des habitants… avec leurs lots de
désagréments.
Pour les réduire, la Ville vient d’établir un plan décennal de
la circulation, s’inscrivant pleinement dans le prochain Plan
d’Urbanisme Directeur et devançant de quelques mois le
plan de déplacement de l’ensemble de l’agglomération.
Ce document propose des solutions concrètes et une
batterie de mesures pour y parvenir.
Détails.
C’est un constat :
De plus
en plus, ça bouchonne
dans Nouméa ! Et force
est de constater qu’aucun
quartier n’échappe à la règle.
Evidemment, certains diront que ce
n’est pas pire qu’ailleurs. Et d’autres
d’expliquer qu’il en va ainsi de toute
agglomération dynamique. Pour sa
part, la Ville de Nouméa ne veut pas
en rester là. Elle table au contraire sur
une amélioration du trafic routier grâce à une vision globale communale et
même intercommunale de la situation
et à la mise en application de mesures
concrètes.
Un réseau dense mais peu lisible
Il faut dire que les premiers quartiers de Nouméa se sont
construits sans une réélle vision d’ensemble, au gré des
opportunités et des disponibilités foncières. Lorsqu’un
lotissement sortait de terre, on le raccordait aussitôt au réseau
routier existant, qui s’est peu à peu asphixié.
De fait, aujourd’hui, le réseau nouméen est peu compréhensible
pour le conducteur : aux doubles voies rapides succèdent des
voies secondaires, plus lentes, certaines rues à doubles sens
comportent des tronçons à sens uniques, obligeant les
automobilistes à manoeuvrer dans les ruelles étroites, la
signalisation n’est pas toujours claire, etc.
Bref, la voirie est dense mais peu lisible et doit être hiérarchisée.
En effet, c’est un peu comme la circulation sanguine dans le
corps humain : les artères larges conduisent à des artères
moins grosses, puis aux vaisseaux, encore plus petits.
A Nouméa, l’aménagement des routes doit donc porter sur
l’actuelle discontinuité du réseau, qui freine le trafic. Il est prévu
de « classifier » 47 km de voies, avec un jalonnement directionnel
clair, grâce à des outils comme une meilleure gestion des règles
de priorité, des tourne-à-gauche (qui obligent les automobilistes à attendre le désencombrement de la voie dans l’autre sens
pour tourner), des sens interdits, etc.
Des moyens de transports de substitution
Mais réguler le trafic routier, c’est aussi inciter les Nouméens à
changer petit à petit leurs habitudes de déplacement. Car une
chose est sûre : il sera de plus en plus difficile d’augmenter le
nombre de routes et leur capacité. L’amélioration du réseau
existant ne peut donc tout résoudre. Aussi, la Ville souhaite
d’une part développer les coeurs des quartiers afin d’offrir aux
Nouméens des services et des commerces de proximité ne
nécessitant pas l’usage de la voiture.
D’autre part, elle facilite l’utilisation et le développement d’autres
moyens de transport.
D’abord, les transports en commun. Le réseau de Nouméa est
d’ores et déjà dense et bien maillé. Il représente huit lignes sur
270 km. Il reste cependant insuffisamment exploité et très peu de
voies lui sont réservées. L’exploitation peut être améliorée et les
nouveaux quartiers doivent être desservis. Déjà, depuis janvier,
une réduction tarifaire (-50%) des bus en direction des collégiens,
des lycéens et des étudiants a été mise en place pour les inciter à utiliser les transports en commun.
Ensuite, la Ville souhaite développer davantage les modes doux,
comme le vélo, la marche à pied ou encore l’autobus pédestre
appelé aussi « pédibus » ou « carapattes » - pour les déplacements
domicile-école. Un projet pilote est envisagé à l’école
Charles Bichon à la rentrée.
Nouméa va augmenter le nombre de ses trottoirs revêtus, et
les sécuriser davantage. Elle va favoriser les déplacements des
accès des cheminements piétons aux personnes à mobilité réduite.
De son côté, les itinéraires cyclables vont augmenter :
ils représentent actuellement 14% des axes principaux et
3% seulement des voies circulées. L’objectif principal est de créer
un réseau cyclable avec une continuité d’itinéraires et de desservir
le maximum de lieux scolaires, sportifs et de loisirs.
A ces derniers moyens de locomotions peuvent s’en ajouter
d’autres, comme le cabotage qui pourrait relier toutes les baies
de Nouméa.
Une des conditions nécessaires – on l’a vu - afin que ces modes
doux trouvent leurs utilisateurs : les réseaux doivent être
sécurisés, dotés de trajets sans discontinuité et plutôt agréables.
Du PUD au Grand Nouméa
Preuve que la circulation est prise très au
sérieux : elle sera intégrée pour la première
fois dans le prochain Plan d’Urbanisme
Directeur (PUD) de Nouméa, actuellement
en révision. Plus largement encore, le plan
de déplacement de l’agglomération nouméenne,
ou PDAN, sous l’égide du syndicat
intercommunal du Grand Nouméa (SIGN),
est en cours d’élaboration pour un développement
harmonieux des déplacements dans
l’agglomération.
L’idée par exemple de proposer des gares
routières et des grands parkings à la périphérie
de Nouméa, desservis par un réseau
fiable de bus urbains, permettrait de réduire
encore davantage l’entrée de véhicules
dans la ville.
Stationnement
au centre ville
Depuis septembre
2004, de nouvelles
dispositions ont été
mises en place afin
d'améliorer les conditions
de stationnement
et de permettre aux
Nouméens un meilleur
accès au centre-ville
où se concentrent les
principaux commerces
et activités :
- modification de la zone de stationnement payant (courte
durée, rotation rapide)
- amélioration de la répartition des horodateurs
- amélioration de la signalétique
- réalisation de cartes de stationnement prépayées
- 2 600 places gratuites réparties dans la ville
- 400 places gratuites, quai Jules-Ferry, dans un parc de
stationnement, surveillé et éclairé
- achat de places de stationnement dans l'immeuble
Higginson, rue Sébastopol. Gratuité le samedi matin toute
l’année
- étude de projets de construction de parkings à moyen terme.
En effet, la mairie de Nouméa envisage la création de
3 parkings publics en périphérie immédiate du centre-ville.
Elle souhaite également augmenter le stationnement sur
les parcelles en zone résidentielle avec l’obligation de
créer des places de stationnement visiteurs pour éviter
l’encombrement des rues et notamment des trottoirs.
Nouméa Grand Centre
Le projet concerne le centre-ville, le Quartier Latin et la
Petite Rade. L’objectif vise à redynamiser le centre élargi de
Nouméa, à enrayer l’évasion commerciale et résidentielle
du centre-ville et à organiser son développement durable
grâce notamment à diverses actions d’urbanisme.
Les grands principes du nouveau fonctionnement urbain
sont les suivants :
- des parkings en périphérie de l’hyper-centre,
- un trafic voitures est-ouest (au lieu de l’actuel nord-sud)
dans l’hyper-centre,
- une liaison piétonne nord-sud, plus agréable entre le
centre-ville et la baie de la Moselle
- un pôle d’activités pour une mise en dynamique de la
Petite Rade.
Il y a voie et voie…
3 types de voies sont utilisés à Nouméa.
• La voie de transit, ou grosse artère, permet d’écouler le trafic entre les lieux stratégiques de
la ville et l’aggglomération
• La voie interquartiers, moins large, offre une circulation plus fluide dans les déplacements
interquartiers.
• Et enfin, la voie de desserte est prioritairement utilisée pour irriguer un quartier en particulier.
L’objectif est d’éviter qu’une voie de transit ou interquartiers serve aussi de desserte, sujette aux
manoeuvres en tout genre (entrée et sortie de parkings, tourne-à-gauche, traversée piétonnière…),
auquel cas la circulation est freinée et forme d’inévitables bouchons ! Et vice-versa, l’utilisation
d’une voie de desserte pour des déplacements de transit ou interquartier, crée de la gêne et de
l’insécurité pour les riverains.Actuellement, sur les 450 kilomètres de voies circulées (tout de même !),
seulement 10 % peuvent être considérées comme hiérarchisées.
15/02/2008 |