Le centre d’Art de la Ville de Nouméa prépare actuellement les prochaines expositions collectives de la saison 2012. Trois expositions seront présentées au cours de l’année sur les thèmes suivants : Art et subversion, La ville et ses chemins de traverses et Dé-paysement Les artistes sont invités à soumettre un projet avant le 24 février pour la 1ère exposition.
Les artistes à l’honneur
• Le centre d’Art est un lieu de diffusion et d’échanges qui proposent chaque année des expositions collectives. Pour 2012, trois expositions collectives sont ainsi prévues dans la salle d’exposition :
- « Art et subversion » du 14 mars au 17 mai (en partenariat avec la Maison du Livre de la Nouvelle-Calédonie);
- « La ville et ses chemins de traverse »du 24 mai au 29 août ;
- « Dé-paysement »du 27 septembre au 27 novembre.
• Les expositions sont ouvertes à tous les artistes et créateurs, professionnels ou non, toutes disciplines confondues.
Les artistes qui souhaitent participer à l’une de ces trois expositions collectives sont invités à soumettre un projet avec :
- un CV en français retraçant le parcours et la démarche artistique ;
- Des photographies de l’œuvre si elle existe déjà ou des croquis détaillés si c’est un projet. ;
- Un texte d’une demi-page sur l’œuvre expliquant la démarche par rapport au thème choisi ;
- Une fiche technique (matériaux utilisés, dimension de l’œuvre, etc.).
Pour l’exposition « Art et subversion », les créations intégrant l'écriture et/ou la littérature seront examinées en priorité.
• Les dossiers doivent être déposés au centre d'art, 6, boulevard Extérieur au Faubourg-Blanchot ou au service culture et fêtes de la ville de Nouméa (à l'attention de Lolita) 9, rue de la République au centre-ville ou envoyés par mel à marc-olivier.verge@ville-noumea.nc et lolita.masia@ville-noumea.nc. Pour l’exposition « Art et subversion », les dossiers peuvent également être envoyés à ftorre@maisondulivre.nc ou jbpeirano@maisondulivre.nc :
- avant le 24 février pour l’exposition « Art et subversion » ;
- avant le 27 avril pour l’exposition « La ville et ses chemins de traverse » ;
- avant le 27 juillet pour l’exposition « Dé-paysement ».
• Chaque projet retenu sera doté d’un forfait de 20 000 F.
Les thèmes des expositions
- Art et subversion
« L'art, parce qu'il est liberté, est aussi subversion. Aucun Etat ne peut aimer les artistes, à moins qu'ils ne disent ce qu'il souhaite entendre. Ce qui est la négation de l'art. » Anthony Burgess.
L’esprit de subversion qui anime les recherches artistiques depuis plus d’un siècle a constitué une des voies royales de l’art, semble-t-il. Détruire, décomposer a sans doute été plutôt le chemin emprunté pour réinvestir l’art de nouveaux langages propres à son époque.
L’art moderne, en effet, destructeur de toutes les valeurs, et en premier lieu des valeurs de l’esthétique (la beauté, l’harmonie, la pérennité…) est jalonné de remises en cause successives, toujours plus radicales, investissant tout au long du siècle de nouveaux terrains d’action. Contre les normes, les règles, les traditions, contre la société bourgeoise et sa culture, les artistes expriment leur révolte face à l’ordre établi.
La destruction du lien de soumission de l’œuvre à toute autorité, à celle des aînés comme à celle des pairs, est une des caractéristiques les plus marquantes du XXe siècle : détruire une norme, détourner ou transgresser une règle, affronter la tradition pour faire table rase du passé et inscrire l’œuvre dans un statut d’originalité. L’artiste moderne revendique une liberté absolue et son affranchissement des valeurs et des dogmes de la tradition. Il réclame, en outre, une relation directe avec le public qu’il interpelle par le biais de la provocation et du scandale : par la violence, le jeu, le pathos, le grotesque ou le comique…
L’art contemporain quant à lui a assimilé ces pratiques et les a parfois édicté comme règle de bien penser ou de bien faire. Le scandale d’hier n’est plus celui d’aujourd’hui, la subversion d’hier n’est plus celle d’aujourd’hui.
Comment donc aujourd’hui réveiller encore les consciences ?
- La ville et ses chemins de traverse
L’espace urbain construit l’environnement quotidien de ceux qui y vivent et constitue une part de notre expression matérielle. On peut lire dans la ville l’organisation de la vie en société. On peut comprendre comment un peuple transforme un paysage en fonction de son développement historique, économique et culturel. Il y a dans ce paysage urbain le dessein de voies principales qui tendent à nous réunir et à tracer des chemins prédéfinis.
L’artiste sera celui qui empruntera des chemins secondaires.
Révélateur de perspectives pour la ville, l’artiste œuvre au dévoilement de l’espace monde. Si l’urbanisme travaille à la nécessaire cohésion d’un ensemble, l’artiste par sa démarche individualiste et singulière trace de nouvelles voies dans les espaces communs.
Vous êtes invités à explorer le territoire de la ville, à ouvrir des voies inédites, à aider à renouveler des regards sur nos chemins quotidiens, à conférer du sens et du sensible, en travaillant sur la mémoire, le visible et l'invisible, l’anecdote, le privé et le public, les bancs et places publics mais aussi les vitrines et façades… à regarder ses habitants avec un œil tendre ou cynique... pour faciliter l'appropriation sociale et l'identification à une ville protéiforme qui est une véritable couture, un tricotage, un rapiéçage, d’éléments en juxtaposition ou en superposition.
La ville est là, avec ses surcharges, ses circulations, ses instants, ses jours, ses nuits… Mais il reste le plus difficile : Comment travailler à sa lecture, à sa poésie ? Comment rajouter du signe à un univers de signes ? Comment dénoncer ses rouages et ses dérives sans juste l’illustrer ? Nous vous invitons à proposer un projet qui s’encrera sur une lecture de second degré de la ville de Nouméa.
Un carnet de voyage…
- Dé-paysement
Dépaysement ou le déplacement du corps, du point d’observation, des mes valeurs, de mes repères… Ou le changement tout autour de l’environnement, de mes habitudes, de mes acquis. Géographique ou de l’esprit, ces voyages vers l’altérité nous disent la fragilité de nos certitudes.
Étymologiquement, le paysage est l'agencement des traits, des caractères, des formes d'un espace limité, d'un « pays ». C'est une portion de l'espace terrestre, représentée ou observée à l'horizontale comme à la verticale par un observateur ; il implique donc un point de vue.
Le paysage est donc ce que l'on voit depuis ce point de vue géographique mais aussi d'un point de vue culturel. Il est l’idée de nature mais pas la nature, il est l’idée d’une chose mais pas la chose. Visuels, les formes et les couleurs le structurent, ainsi que les références que nous connaissons ou y projetons. Le paysage est d'autre part considéré comme une perspective culturelle, avec ses grilles de lecture, ses filtres intellectuels ou sensuels de création et d'interprétation de l'espace, où s'articulent plusieurs plans et où l'on peut identifier des objets, chacun selon sa culture et ses référentiels.
La notion de paysage a une dimension esthétique forte, voire picturale ou littéraire en tant que représentation, mais elle recouvre de nombreuses acceptions.. Paysage sonore, odorant, paysage politique, médiatique, intérieur… des expressions qui désignent un ensemble contextuel, la vision des choses à un temps donné… alors le paysage ne dirai que la présence de l’homme dans un espace monde, la vision des choses à un temps donné… il serait alors en constante évolution. Qu’en est-il alors de nos « dé-paysement » à l’ombre de l’histoire de la Nouvelle-Calédonie ? Les paysages naturels, culturels, économiques, sociétaux, historiques, fantasmés…de la Nouvelle-Calédonie ne sont que des dépaysements répétés. Etre en dehors de ses paysages c’est aussi rencontrés ceux des autres.
Cette exposition devra montrer que l’art nous achemine potentiellement vers d’autres espaces. L’éclectisme de notre rapport au monde devra s’affirmer comme autant de manières pour repenser les dialectiques entre la nature, l’humain et la nature humaine.
30/01/2012 |