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Sous l’appellation un
peu barbare « révision
du Plan d’Urbanisme
Directeur (PUD)» se
cache le véritable enjeu
pour la ville de Nouméa :
son visage de 2025 qui
se dessinera au travers
des orientations et des
règles inscrites dans
son prochain plan
d’urbanisme.
Une agglomération de
300 000 habitants
Le développement et l’aménagement de
Nouméa ne peuvent plus se faire sans être
cohérents avec l’agglomération Païta,
Dumbéa, Mont-Dore et Nouméa. Celle-ci,
en 2025, atteindra 300 000 habitants.
C’est dire qu’entre-temps, il faudra procéder à quelques rééquilibrages…
La cohérence, qui fait d’ores et déjà l’objet
d’une étude partenariale et approfondie, doit
s’inscrire dans 3 domaines importants :
- l’habitat,
- les activités administratives, économiques
et de loisirs,
- les déplacements.
En clair, ce serait folie que de vouloir continuer à tout concentrer à Nouméa.
Ce serait condamner la presqu’île à
l’asphyxie. L’aménagement doit s’opérer
dans un espace plus vaste : celui de
l’agglomération.
Le premier PUD
en 1964
L’exercice ne date pas d’hier. C’est en
effet en 1964 que le premier « PUD »
fut élaboré. Depuis, les plans se sont
succédés. Le dernier remonte à 1998. Compte tenu des importantes évolutions
intervenues dans la capitale, la
décision d’entreprendre sa révision fut
prise par le conseil municipal d’alors en
2003. Ainsi donc, depuis près de 6 ans,
une réflexion est menée pour « actualiser » les règles qui régissent l’urbanisme à Nouméa. Ce délai n’est pas
exceptionnel et on le retrouve pour la
plupart des villes qui ont entrepris cette
démarche. Les enjeux sont de taille et
très complexes.
Un document sera pour la première
fois associé au prochain plan d’urbanisme
: le Projet d’Aménagement et
de Développement Durable.
En clair, il s’agira de tracer les orientations
d’aménagement du territoire de
la commune dans une perspective de
développement durable : la préservation
de l’environnement, le développement économique et l’équité sociale.
8 équipes de
travail
Afin de mieux cerner les enjeux et de
mieux définir les prescriptions à proposer
pour atteindre les objectifs fixés,
8 équipes ont été constituées. Elles ont
débattu de l’habitat, des risques, du
patrimoine, des déplacements, de la
mer et des reliefs, de l’assainissement,
des coeurs de quartier et de la vocation
spécifique des différents territoires
de la commune. Chaque équipe était
dirigée par un adjoint au maire et
comprenait des techniciens de la ville,
des personnes qualifiées et des représentants
de l’Ordre des Architectes.
A l’issue de plusieurs mois de travail,
chacun des « volets » a rendu sa copie.
Un Comité de Pilotage a examiné
l’ensemble des propositions en vue
d’harmoniser les points de vue et, le cas échéant, d’arbitrer. Dans un premier
temps, la proposition globale a été
arrêtée par le maire et les adjoints en
bureau municipal. Suivra ensuite un
long processus : rédaction du Plan
d’Urbanisme Directeur avec l’assistance
d’un spécialiste métropolitain,
consultations, enquête publique,
rapport du Commissaire enquêteur.
A l’issue, le document volumineux sera
soumis au vote du Conseil municipal, puis
transmis à la Province sud.
Pour l’adoption définitive du texte, il
faudra que l’assemblée de la Province
sud le vote exactement dans les
mêmes termes que le conseil municipal.
Ce n’est qu’alors que Nouméa disposera
de son nouveau plan d’urbanisme.
Ces délais devraient conduire à une
date se situant dans le courant du
premier semestre 2010.
Une ville qui se
transforme
Prévoir. C’est le maître mot de l’exercice.
Anticiper la croissance de la ville
pour mieux résoudre ses problèmes,
développer son économie, rendre la vie
des habitants plus agréable et plus équitable dans le respect de l’environnement.
Vaste programme !
En 2025, Nouméa comprendra 150 000
habitants. Certes, dans l’intervalle, une
nouvelle révision du plan d’urbanisme
sera intervenue. Il importe donc d’assurer
une cohérence à l’aménagement
et au développement de la ville : c’est
le rôle du Plan d’Aménagement et de
Développement Durable (PADD).
Quelles sont les grandes orientations
déjà définies ?
La ville est dessinée en quatre grands territoires
: le centre-ville qui accueille
actuellement 17 000 emplois, la zone
industrielle et artisanale de Ducos, les
zones touristiques et les quartiers
d’habitat.
Très simplement et de manière
synthétique, les orientations peuvent être présentées de la manière
suivante :
- le centre-ville retrouvera sa
vocation « tournée vers la mer »
autour de la petite rade et de la
baie de la Moselle et deviendra
un lieu d’habitation, de culture et
de loisirs animé et végétalisé.
Les activités commerciales y seront
dynamisées, les fronts de
mer aménagés en espaces
conviviaux, des parkings seront
construits, les modes de circulation évolueront.
- Ducos sera confirmé dans sa
vocation industrielle et artisanale
avec, au sud, une zone d’équipement
de la maison,
- Les zones de développement
touristique seront aménagées et
construites dans le respect de
l’environnement et de la tranquillité
des riverains, mais également
dans des conditions permettant
de soutenir cet important secteur économique,
- Les quartiers seront « traités »
dans le souci de préserver la
qualité de vie des habitants et
leur tranquillité tout autant que
les reliefs et l’environnement.
40 000 "entrants"
chaque
matin
Les plans de circulation et l’élargissement
des routes ne résoudront
pas seuls les bouchons à l’entrée
de Nouméa chaque matin. C’est
en effet 40 000 personnes qui,
chaque jour, viennent de l’agglomération
ou même de plus loin,
et entrent à Nouméa notamment
pour travailler. Les bouchons
pourront être réduits, la sortie de la
ville en fin d’après midi pourra devenir
plus rapide, mais plus le nombre
de véhicules augmentera, et
plus la circulation deviendra
problématique.
Accroître les emplois dans l’agglomération
et hors Nouméa, faciliter
l’habitat à proximité de ces emplois,
y installer des pôles d’animation,
de commerce et de
services, voilà la véritable solution
moderne.
Les déplacements devront eux, être repensés. Les spécialistes de
cette problématique rappellent
sans cesse que l’objectif « n’est
pas de faire circuler des voitures,
mais d’assurer le déplacement
des personnes ».
25/05/2009 |