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En juillet 2006, la Ville de Nouméa s’est dotée d’un dispositif efficace pour lutter contre l’insécurité urbaine. Constitué de l’ensemble des acteurs concernés par le sujet et rassemblés autour d’objectifs définis dans un contrat, le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance a pour mission de favoriser l’échange d’informations et la mise en place d’actions partenariales en matière de sécurité urbaine.
Réuni en séance plénière, le 21 mars dernier, ce conseil a
dressé l’état des lieux de la délinquance et a présenté les principales actions qui sont menées cette année. Ciblées sur l’individu ou relatives aux environnements à risque, ces mesures sont au nombre de dix-neuf. Leur application est immédiate.
Attractive, Nouméa a vu sa population augmenter fortement au cours
de ces quinze dernières années.
Plus dense, plus active aussi, la ville
connaît du coup davantage de
nuisances. Bruits, troubles à l’ordre
public, dégradations, vandalisme,
vols… Nouméa n’échappe pas aux
fléaux des grandes cités.
Surtout, si l’augmentation du nombre tion augmenter fortement au cours d’actes de délinquance ne fait pas de ces quinze dernières années. de doute, le sentiment d’insécurité Plus dense, plus active aussi, la ville est encore plus fort auprès de la connaît du coup davantage de population. nuisances. Bruits, troubles à l’ordre La crainte, la peur, un certain mal-public, dégradations, vandalisme, être s’installent peu à peu dans le vols… Nouméa n’échappe pas aux quotidien des Nouméens. fléaux des grandes cités. C’est une situation inacceptable.
Parce que la sécurité est un droit et donc l’affaire de tous, l’époque de la mise en place d’opérations isolées est révolue. Pour plus d’efficacité et de lisibilité, il est apparu clair que toutes ces opérations devaient être coordonnées, les moyens regroupés et les ressources mises en commun.
Une instance de concertation : le CLSPD
C’est tout le principe du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), créé à l’initiative de la Ville de Nouméa en juillet dernier. Il donne l’impul-sion, oriente la stratégie, définit les objectifs et contrôle ses applications. Présidé par le maire et autour de l’élu référent
Jean-Pierre Guillemard, 2e adjoint chargé de la sécurité et de la protection des personnes et des biens, le CLSPD comp-rend trois collèges (lire encadré p.14). Au cours des premiers mois, le CLSPD a dressé un état des lieux de la situation et évalué les besoins.
Il a défini cinq priorités traduites en dix-neuf mesures concrètes. Ces dernières ont été réunies dans un contrat, appelé contrat local de sécurité (CLS) et signé par tous les acteurs concernés
par ces mesures. Ce CLS sert en quelque sorte de feuille de route du conseil qui, chaque année, va faire le point sur les différentes actions entreprises, les renforcer, les adapter et les corriger si nécessaire. Ce suivi régulier du CLSPD, tous les six mois en séance plénière et tous les trimestres
en formation restreinte, s’inscrit ainsi pleinement dans les nouvelles orientations formulées dans une circulaire interministérielle
du 4 décembre 2006 et qui tient compte des leçons – tant des réussites que des échecs – des quelque 700 CLS mis en place en métropole depuis leur première apparition, en 1997. C’est dire si l’outil placé entre les mains des institutions et de la Ville de Nouméa se veut efficace et moderne.
Deux types de mesures
Proches des préoccupations des citoyens, deux types de mesures ressortent de ce contrat local de sécurité nouméen. Un premier
concerne l’individu et la mise en place en amont de dispositifs sociaux, culturels et économiques pour offrir à chacun un bienêtre
et une réelle intégration dans la société. Ces actions, dites de « prévention sociale », agissent donc indirectement sur la délinquance. Plus visibles, les actions de « prévention situationnelle » constituent le second type de mesures. Elles concernent davantage l’environnement, le contexte dans lequel les individus seront tentés ou non de commettre
des actes de délinquance.
La présence policière, l’éclairage nocturne, la vidéosurveillance sont quelques exemples de ces mesures qui rendent le passage à l’acte des délinquants plus difficile, plus risqué ou inintéressant. Elles facilitent en outre le travail d’intervention des forces de police ainsi que celui de recherche dans le cadre d’une procédure judiciaire. Enfin, elles ont aussi un effet positif sur le sentiment d’insécurité auprès de la population… L’expérience a démontré que les deux types de mesures étaient à la fois nécessaires et complémentaires. Le CLS traite ainsi en profondeur le problème de la délinquance et de l’insécurité. Sa réussite dépendra aussi des Nouméens eux-même. Rien ne peut réussir sans l’adhésion et la participation de tous les habitants. La cohésion sociale, la citoyenneté et le civisme sont bien l’affaire de tous.
Les cinq priorités du CLS
• Prévenir la délinquance des mineurs et des jeunes majeurs,
• Prévenir la délinquance de voie publique,
• Renforcer la lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie,
• Développer l’aide aux victimes,
• Lutter contre l’insécurité routière.
De l’huile dans les rouages
Le Centre de Ressources et d’Expertise municipal a pour mission l’analyse globale des risques urbains et de santé publique. Il se positionne, dans ses relations avec les tiers, en externe et en interne de la mairie. En externe, en veillant à la bonne réalisation des actions partenariales mises en place. En interne, en se positionnant comme une assistance auprès des services de la mairie confrontés à un problème de risques urbains ou de santé publique. Le Centre de Ressources est composé de trois personnes : Philippe Gauvin, chargé de mission sécurité
urbaine, Julie Régent et Odile Qaeze, médecin.
Enfin, la Ville de Nouméa est désormais membre du Forum Français et Européen pour la Sécurité Urbaine. Cette adhésion permettra d’échanger les bonnes pratiques mises en oeuvre par différentes collectivités.
Philippe Gauvin est l’un des trois membres
du Centre de Ressources et d’Expertise municipal. Chargé de mission
sécurité urbaine de la Ville de Nouméa, il compte plus de vingt ans d’expérience dans la sécurité privée, en tant que conseil en management des risques. Titulaire d’un Master professionnel sciences humaines et sociales mention ingénierie des risques - sécurité dans les institutions, les entreprises et les collectivités -, il est chargé de cours, depuis plusieurs années, à l’université René Descartes Paris V. Philippe Gauvin est également co-auteur d’un ouvrage collectif : « Pratique de la sécurité locale » (Editions Lexis Nexis – Litec – 2003). Confiant, Philippe Gauvin « salue la générosité des partenaires du CLSPD qui s’investissent pleinement dans ce dispositif ». Il rappelle enfin que « toutes ces actions privilégient le traitement de situations individuelles et familiales ».
12/06/2007 |