|
Le Contrat local de sécurité a été signé le 25 août par Jean Lèques, maire de Nouméa, Michel Mathieu, haut-commissaire, Robert Blazer, procureur de la République près du tribunal de grande instance de Nouméa, Marie-Noëlle Thémereau, président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, Philippe Gomes, président de l’assemblée de la province Sud ont signé le contrat local de sécurité en présence des membres du CLSPD.
Le Contrat local de sécurité (CLS) est un prolongement du Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) mis en place en juillet dernier. Après que celui-ci a préparé, élaboré et évalué les besoins, le CLS met en commun les informations et envisage les actions à mener en matière de sécurité urbaine. Son efficacité est fondée sur une bonne connaissance de la réalité de la délinquance, du ressenti de la population et de l’état des moyens disponibles.
La souplesse de sa mise en œuvre est assurée par une constante évaluation des évolutions et des résultats des mesures entreprises par le Conseil de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), et permet une adaptation aux besoins.
Instances en synergie
Le CLS est un dispositif collectif qui formalise l’engagement de 4 partenaires en matière de sécurité et de prévention de la délinquance :
la Ville de Nouméa -
le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie -
la province Sud -
l’Etat
- 5 objectifs prioritaires déclinés en 18 actions
5 objectifs prioritaires (la prévention de la délinquance des mineurs et de jeunes majeurs, le renforcement de la lutte contre la délinquance de voie publique, le renforcement de la lutte contre l’alcoolisme et la toxicomanie, le développement de l’aide aux victimes, le développement de la lutte contre l’insécurité routière) sont déclinés en 18 actions :
1. Prévention de la délinquance des mineurs et des jeunes majeurs
- Signaler et encadrer les jeunes en rupture de scolarité, agir auprès des familles
- Renforcer le rôle des comités d’éducation à la santé et à la citoyenneté, développer chez les élèves une éducation citoyenne
- Mettre en place un dispositif de suivi des infractions dans les collèges et les lycées.
- Prévenir les risques de récidive
- Accompagner les publics en errance
- Prendre en charge les mineurs réitérants et formaliser un réseau d’acteurs professionnels
- Développer l'accompagnement social des familles fragilisées, notamment celles issues des zones de résorption de l’habitat insalubre
- Accompagner et soutenir les adolescents
2. Renforcement de la lutte contre la délinquance de voie publique
- Programmer l’installation et l’exploitation d’un système de vidéo surveillance urbaine
- Pérenniser les permanences des médecins pour mieux traiter et résorber les ivresses publiques manifestes
3. Renforcement de la lutte contre l’alcoolisme et la toximanie
- Prévenir les conduites addictives
- Développer des lieux d’écoute dans les quartiers
- Renforcer le soutien et l’accompagnement des adolescents déviant vers des comportements addictifs
4. Développement de l’aide aux victimes
- Créer un poste d’assistant(e) social(e) à l’Hôtel de Police de Nouméa
- Mettre en place une unité médico-judiciaire
5. Développement de la lutte contre l’insécurité routière
- Mettre à disposition le matériel de contrôle routier aux forces de l’ordre
- Prévenir les accidents routiers par une meilleure organisation des déplacements urbains
- Améliorer les infrastructures de voirie pour tous les usagers.
Prévention de la délinquance
Une équipe renforcée d’éducateurs de quartier
Les actions municipales de prévention de la délinquance sont principalement coordonnées et mises en œuvre par le pôle prévention spécialisée du Sasei (service des actions socio-éducatives et de l’insertion). Il est composé depuis 2006 de huit éducateurs de quartier et d’un animateur responsable des chantiers découverte. 3 postes ont en effet été créés cette année afin de renforcer les actions de prévention de la délinquance et d’aider les jeunes à trouver leur voie.
Les éducateurs de quartier travaillent en binôme sur des secteurs géographiques depuis mai 2006 :
- Rivière- Salée/ Saint Quentin/ Normandie : Lorraine Dupuis / Jean-Marc Hmaloko
- Montravel/ Magenta : Romain Glemet / Sébastien Crougneau
- Presqu’île de DUCOS : Setane Heafala/ Sophie Ricord
- Vallée du Tir/ Vallée des Colons/ Nouville/ centre ville : Corine Guglielmi/ Jean-François Castel
Le public de l’équipe de prévention
• Les actions mises en œuvre par les éducateurs de quartier s’adressent à des jeunes de 13 à 30 ans, en grande difficulté d’insertion ou en voie de marginalisation. Mais d’année en année, ils doivent étendre leurs interventions à un public toujours plus jeune et déscolarisé de plus en plus tôt.
• Le public cible de l’équipe de prévention présente plusieurs caractéristiques :
- un délitement du lien familial
- une réactivité par rapport à l’autorité
- un rejet des institutions, jugées et vécues comme inaccessibles, inconnues, et parfois sources de peurs
- le passage à des actes de délinquances
- une absence de projets, une difficulté à formaliser un projet professionnel
- un besoin d’appartenance à un groupe (besoin identitaire)
Suivi individuel ou projet collectif
Les éducateurs de quartier mènent avec ce public, soit un suivi individuel régulier (chaque éducateur suit en moyenne 30 à 40 jeunes), soit des projets collectifs.
• Ainsi, en 2005, 374 jeunes ont participé à 23 projets de groupe (chantier jeune, camp, projet de formation qualifiante et d’insertion ou accompagnement de projet éducatif) et 150 ont bénéficié d’un suivi individuel. Au total, 524 jeunes ont été pris en charge par l’équipe de prévention spécialisée qui comptait alors 6 professionnels.
• Pour 2006, le nombre de jeunes, accompagnés par l’équipe des éducateurs et bénéficiant de projets collectifs, est estimé à 400. Le nombre de suivis individuels devrait être de 240 jeunes. Soit un total de 640 jeunes pris en charge par l’équipe de prévention.
La progression des actions de prévention de la délinquance
Les actions municipales de prévention de la délinquance sont principalement menées à partir des maisons de quartier et des maisons de musique.
En proposant des formations, des loisirs sportifs et culturels, des perspectives professionnelles et du soutien scolaire, en évitant l’oisiveté, la politique municipale favorise le lien social, augmente les chances d’insertion des jeunes et limite ainsi la délinquance en la prévenant.
La mairie de Nouméa consacre directement environ 100 millions à la prévention de la délinquance dont plus de la moitié pour mener différentes actions sportives, culturelles ou éducatives, 28 millions au soutien scolaire par une subvention à la Fase (Fédération pour l’accompagnement et le soutien scolaire à l’enfance) et 6 millions pour les chantiers découverte et d’insertion.
Perspectives : l’éducation
- Après l’école ou pendant les vacances, un accompagnement scolaire pour lutter contre l’échec scolaire est proposé dans les maisons de quartier ou dans les écoles. Cette action est confiée à la FASE qui reçoit une subvention municipale. Celle-ci est passée de 24 millions en 2005 à 28 millions en 2006.
- Des agents de la police municipale se déplacent dans les collèges et les lycées à la demande des enseignants afin d’échanger sur des thèmes variés touchant à l’alcool, la drogue, la violence verbale et physique, l’incivilité. Ces rencontres permettent d’instaurer un dialogue avec les jeunes et de restaurer l’image de la police et des institutions.
Insertion et coups de pouce économiques
- Les chantiers découverte consistent à réunir des jeunes en difficulté d’insertion ou en voie de marginalisation, à les sociabiliser et leur faire découvrir un travail : ils participent ainsi à des travaux sur les équipements collectifs des quartiers, comme la réalisation de fresques, l’amélioration des structures communes, la plantation d’arbres ou l’aménagement d’espace (terrain de pétanque). 6 millions y sont consacrés.
- Le chargé d’actions auprès des familles, en concertation avec des travailleurs sociaux (assistantes sociales, éducateurs…), accompagne les jeunes déscolarisés et les adultes en situation d’illettrisme en les orientant vers des formations de lutte contre l’illettrisme qui leur permettent d’acquérir les savoirs de base indispensable à une insertion sociale et professionnelle.
- Les éducateurs proposent depuis 2003, le projet Rebondir, un projet dont l’objectif est de redonner confiance en eux-mêmes aux jeunes en difficulté, de les aider à construire un projet de vie. Il passe par un suivi personnalisé des jeunes et par la prise en charge de formations : brevet d’aptitude aux fonctions d’animateurs (BAFA), attestation de formation aux premiers secours (AFPS), surveillant de baignade (SB), permis de conduire
- Des permanences du Service de l’emploi et de la formation (SEF) et de la Mission d’insertion des jeunes (MIJ) et de l’Association d’aide aux victimes (AVI) se déroulent dans les maisons de quartier.
- Des permanences d’écrivains publics facilitent la rédaction de courriers administratifs et professionnels.
- Les 3 Espaces cyber-base de Magenta, Montravel et Rivière Salée permettent, une initiation et un accès aux outils de la bureautique : traitement de texte, Internet, courriel.
L’apprentissage de l’esprit d’équipe et du civisme au moyen du sport
- Les 6 programmes d’activités sportives de Sport action permettent chaque année à
1 200 jeunes de pratiquer une quinzaine de disciplines après l’école ou pendant les vacances. Le budget annuel est de 17 millions.
- Les tournois sportifs dans 8 disciplines rassemblent chaque année près de 3 000 jeunes le mercredi après-midi ou le samedi matin. Financés par la Ville à hauteur de 3,5 millions, ils sont soutenus également par des partenaires privés.
- Des actions comme le challenge Michelet ou le trophée inter-quartiers, regroupent les jeunes autour du sport et favorisent l’esprit d’équipe, la discipline ainsi que les échanges, les rencontres et la convivialité.
L’ouverture d’esprit et l’épanouissement personnel au moyen de la culture
- Les maisons de musique mettent 8 studios de répétition à la disposition des jeunes musiciens amateurs ou professionnels. Ces lieux de proximité permettent aux jeunes de s’exprimer pleinement et de bénéficier de conseils des intervenants. L’amplitude horaire a été augmenté à 130 heures/ mois cette année et le budget est de 10 millions.
- Des loisirs culturels, en direction des jeunes sont également organisées par les animateurs et les éducateurs de quartier, dans un but éducatif et citoyen : participation au carnaval, ateliers de cirque, séances de cinéma, de théâtre et concerts.
Le développement du lien social à travers les fêtes et rencontres
- Pour renforcer les liens entre les habitants et valoriser les actions des associations de quartier, des fêtes et des manifestations ont lieu dans chaque maison de quartier. Elles sont organisées par les associations et les maisons de quartier.
Le Programme 2006 des éducateurs de quartier
• Camp d’été du 9 janvier au 3 février pour 15 jeunes adultes de Tindu, Rivière-Salée et Saint-Quentin
• Aide à la formation du 1er février au 31 décembre pour 40 adultes
• Aide aux transports (tickets et cartes Karüia) du 1er février au 31 décembre pour 60 adultes
• Point écoute-détente du 1er février au 31 décembre
• Atelier musique à Rivière-Salée du 29 mars au 20 décembre pour 14 personnes
• Chantier fresques murales à la direction du développement rural sur le thème de l’agriculture du 10 avril au 5 mai pour 12 adultes
• Réalisation de panneaux sur l’environnement du 26 avril au 11 mai
• Préparation au Trophée inter-quartier du 6 juin au 19 août 2 soirées par semaine
• Chantier à Tindu du 19 au 23 juin
• Chantier au village des Gaïacs du 26 juin au 15 juillet
• Coup de pouce au permis de conduire du 1er au 31 juillet pour 19 adultes de Saint-
Quentin
• Chantier au centre commercial de Rivière-Salée du 7 août au 2 septembre
• Chantier à la maison de quartier de Saint-Quentin en octobre
• Challenge Michelet du 6 au 11 novembre
Un intervenant extérieur : Yazid Kherfi
Ancien délinquant de la cité du Val-Fourré à Mantes-la-Jolie, Yazid Kherfi a repris ses études à sa sortie de prison et a obtenu un DESS en ingénierie de la sécurité. Directeur d’une maison de jeunes durant 10 ans, il est aujourd’hui consultant en prévention urbaine.
Il est missionné sur le Territoire pour la 3e année consécutive pour dispenser des formations aux professionnels qui s’occupent de la prévention de la délinquance et propose également des conférences et des rencontres avec le public jeune et adulte.
Formation et rencontres avec les professionnels
• Yazid Kherfi a proposé des formations aux professionnels (agents municipaux, enseignants, agents d’autres institutions) et habitants par secteur géographique afin de travailler sur leurs problématiques propres à chacun d’entre eux.
Ces formations se sont déroulées à l’IFAP (Institut de formation à l’administration publique). Une dernière formation avec les professionnels et des membres d’associations de Magenta Artigue et de Montravel a lieu les 30, 31 août et 1er septembre.
• L’intervenant a également travaillé sur le terrain avec les professionnels de Montravel, de Magenta Artigue (notamment concernant la situation du lotissement des Pervenches) et de la Vallée des Colons.
• Yazid Kherfi a rencontré les jeunes et les associations de Montravel à la maison de quartier et sur le terrain sportif.
• Il a également animé des rencontre tout public sur le thème de la violence urbaine à Rivière-Salée ( à la Médiathèque muncipale puis à la maison de quartier), ainsi qu’à à la maison de quartier de Saint-Quentin.
29/08/2006 |