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L’efficacité de la lutte contre la
dengue à Nouméa est donnée
en exemple dans la région.
En effet, depuis 1996, la dengue
a été contenue dans notre
ville, grâce à la surveillance
rigoureuse du service municipal
d’hygiène, en coopération avec
l’institut Pasteur et la DASS.
 Les moustiques font de la
résistance
Cependant, récemment, l’institut Pasteur
a mis en évidence une perte de sensibilité
du moustique Aedes aegypti (responsable
de la dengue) aux produits chargés de le
combattre.
Aussi, la mairie adapte maintenant une
nouvelle stratégie. Elle change à la fois la
méthode et le produit pour éviter que les
moustiques ne deviennent complètement
résistants à l’insecticide.
Une stratégie adaptée
• Changement de méthode : la mairie a
cessé les épandages permanents et quotidiens
d’insecticides en période chaude.
Ils ne sont effectués qu’en cas de risque
majeur d’épidémie et de façon « chirurgicale » autour de l’environnement immédiat
des cas de dengue identifiés.
• Changement de produit : malgré la
suspension des épandages depuis 2003,
la sensibilité des Aedes aegypti au produit
insecticide n’est pas revenue à un niveau
satisfaisant, puisque le produit n’agit plus à 100%.
Sur la recommandation de l’Organisation
mondiale de la santé la mairie utilisera
donc en alternance 2 insecticides différents
pour éviter le phénomène d’accoutumance
chez le moustique.
Un tandem deltaméthrine/malathion
Depuis une dizaine d’années, la mairie
utilise en pulvérisation la deltaméthrine
de la famille des pyréthrinoïdes.
Le malathionappartient à une autre famille
chimique, celui des organophosphorés
(notamment employés dans le traitement
des poux chez les enfants).
Compte tenu du phénomène de résistance
croisée entre insecticides de la même
famille, il était indispensable d’utiliser un
produit d’une famille différente. Le choix
s’est porté sur les organophosphorés,
seule famille d’insecticide utilisable sous
forme de nébulisation en santé publique.
 Malathion :
portrait et mode d’emploi
Utilisé notamment aux Etats-Unis, au
Canada et à Tahiti, le malathion est le
moins toxique des organophosphorés.
Il est peu persistant dans l’environnement,
ce qui diminue le risque de pollution à long
terme.
Comme tout produit actif, il demande
quelques précautions d’emploi, au même
titre que certains produits domestiques,
mais il n’est pas nocif pour le public. D’ailleurs, cette molécule est couramment
utilisée contre les poux (produit commercialisé
en pharmacie).
Ainsi, si les utilisateurs doivent porter un équipement de protection individuelle lors
des manipulations répétitives du produit
pur, la population ne peut être incommodée
par le produit, sauf à rester dans le nuage
au moment de la vaporisation.
Le malathion en épandage
Les épandages sont effectués autour des
cas de dengue entre 5h et 7h , car cela
correspond au pic d’activité du moustique
Aedes aegypti.
C’est également l’heure où le vent est le
moins fort, laissant ainsi agir le produit en
suspension pour atteindre les moustiques.
C’est enfin le moment où les Nouméens
sont le moins exposés aux pulvérisations.
Piqûre de rappel
La lutte la plus efficace, la plus écologique
et la plus facile consiste à
détruire les larves, et donc à faire
disparaître de votre environnement les
récipients d’eau qui peuvent leur servir
de gîtes.
Les pulvérisations « chassent » les
moustiques adultes, alors qu’il suffirait
de ne pas les laisser grandir.
Les Nouméens sont concernés par
cette opération anti-moustiques,
car 78% des Aedes aegypti naissent
dans les sous-pots, seaux à bouture,
gouttières, pneus, jouets : à chacun
d’éviter de faire cet élevage !
24/11/2006 |