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  Actualité > Dossiers > Donnons un style à notre ville - le nouméa n°75

Une cellule de coordination et d'esthétique urbaine a récemment été créée à la Mairie. Son objectif : embellir la ville par une plus grande harmonie plastique et une cohérence d'ensemble.

Cette mission s'exerce sur des projets en cours ou à venir, et sur des espaces à améliorer dans Nouméa. Aménagements paysagers, architecture, mais aussi choix des couleurs, enseignes, éclairage public, mobilier urbain. tout ce qui a un impact visuel dans la ville est concerné. Cette cellule va d'abord permettre aux différents services municipaux de mieux se coordonner.

"La vocation de cette cellule est d'harmoniser le paysage urbain" . Il faut donc que les nouveaux éléments que l'on souhaite apporter, ou la rénovation de plus anciens, s'intègrent bien à ce qui existe déjà. Cette démarche s'applique donc au cas par cas, selon le secteur impliqué.

La cellule est saisie dès lors qu'il s'agit de traiter ce qui se voit, d'une rue, d'une place et même de la mer. Le Plan d'Urbanisme Directeur, le permis de construire et ses prescriptions architecturales, la protection du Patrimoine, ou encore l'article 11 du code de l'Urbanisme sont quelques-uns des textes réglementaires qui cadrent la nouvelle mission.

Dans la pratique, la projection des éléments nouveaux dans le milieu urbain auquel ils sont destinés, par des dessins ou des photos-montages prises sous des angles différents, permet de se donner une idée assez précise de leurs impacts visuels. Une manière d'éviter, autant qu'il est possible, les mauvaises surprises, et de les corriger avant qu'il ne soit trop tard.

A la demande du Maire, la cellule "de coordination et d'esthétique urbaine " a été créée en mai dernier. L'idée est simple : il s'agit de mettre en relation les différents services municipaux dès lors qu'il est question d'un projet dont l'impact visuel est jugé significatif dans la ville.

Le spectre de ses compétences se révèle donc assez large puisqu'il est question du choix esthétique des bâtiments publics, neufs ou réhabilités, mais aussi du mobilier urbain, de l'éclairage public, de la végétalisation des rues et des espaces verts, des abris-bus, des clôtures, des murs, des poubelles, des toilettes publiques. etc.

Pour les particuliers, si des conseils peuvent être prodigués à tous ceux qui le souhaitent, seuls passent devant la " cellule " les projets ayant un impact visuel important, ou ceux situés dans des zones sensibles ou protégées, dans l'environnement de bâtiments historiques, par exemple. Cette procédure existe déjà au travers de la Commission d'Aménagement et d'Urbanisme de la Province Sud.


Il ne s'agit pas de juger du travail des architectes, mais de déterminer si l'ouvrage intègre bien son milieu. Ainsi des immeubles peuvent être très beaux et pourtant mal s'intégrer dans un quartier. Désormais, l'environnement urbain est un facteur dont il faut davantage tenir compte. Dans la pratique, la cellule se réunit au moins une fois par mois pour traiter des dossiers en cours. Elle doit être sollicitée par tous les services mais peut se saisir d'office et à tout moment de n'importe quel projet.

Mieux vaut donc la solliciter bien avant la réalisation des travaux.

Composition de la cellule

- A. Loste, 3ème adjointe, chargée de l'Action Culturelle, du Patrimoine Urbain et de l'Architecture
- M. Frarin, 9ème adjointe, chargée de l'Environnement et des Espaces Verts
- E. Doiteau, chef de la division de l'Urbanisme, de l'Aménagement et de la Construction
- J. Beaumont, chef de la division Voirie
- C. André, chef de la subdivision Espaces Verts
- A. Levanqué, architecte à la subdivision Urbanisme
- S. Mériadec, architecte à la subdivision Aménagement
- F. Breugnon, architecte à la subdivision Construction
- V. Defrance, conservateur du Musée de la Ville
- D. Bayol, chargée de la mission Patrimoine du Contrat de Ville
- M. Harbulot, architecte, chargé des bâtiments historiques à la Province Sud

Article U11 du Code de l'Urbanisme

L'article U11 du Code de l'Urbanisme concerne l'aspect et les éléments extérieurs de construction. En vigueur depuis quelques années à Nouméa, il n'avait jamais véritablement été appliqué. Il stipule : "Les constructions doivent présenter un aspect compatible (architecture, couleur.) avec le caractère ou l'intérêt des lieux avoisinants, du site et des paysages"

Anne Loste, 3ème Adjointe, chargée de l'action culturelle, du patrimoine urbain et de l ' architecture, responsable de la cellule de coordination et d'esthétique urbaine.

- le nouméa : Pour quelle raison a-t-on créé cette cellule ?
- Anne Loste : La vocation de la cellule de coordination et d'esthétique urbaine répond en fait à un réel besoin et à une attente des habitants de Nouméa. Nous sommes partis de deux constats. D'abord, jusqu'à présent, la notion d'esthétique urbaine était peu prise en compte dans son environnement global : le style du quartier, les couleurs dominantes de la rue, le choix de son mobilier urbain, l'éclairage, la signalétique, etc... Ensuite, il s'agissait d'améliorer la coordination entre les services municipaux. Pour qu'en effet, chacun travaillant séparément dans son domaine, il contribue quand même à une ouvre commune : l'embellissement de la ville. Jusque là, les critères d'examen pour accorder un permis de construire étaient essentiellement techniques et réglementaires. Nous allons essayer d'introduire une notion d'harmonie. Cependant, nous sommes conscients en même temps du fort développement de Nouméa, et des nécessités économiques qui l'accompagnent. Il faudra négocier l'équilibre entre ces exigences quelquefois contradictoires. Mais, en aucun cas, la "cellule" ne jouera un rôle rétrograde .

- le nouméa : Mais les critères de beauté, d'esthétisme restent très subjectifs.
- Anne Loste : D'où l'importance de créer une cellule et que les décisions ne soient pas prises selon le bon vouloir d'une seule personne mais de l'ensemble d'une équipe, composée d'élus, de chefs de services et d'architectes. Nous sommes dans une période - difficile - de mise en place de cette cellule. Comme tout ce qui est nouveau, il faut un temps d'adaptation, tant pour les membres de la cellule, que pour les services municipaux
ou les acteurs extérieurs... Ce sont un peu les mentalités qu'il faut changer. En outre, parce que nous commençons, les dossiers qui nous parviennent sont souvent déjà bien avancés. Les modifications éventuelles sont beaucoup plus difficiles à accepter et à réaliser que lorsque le problème est traité en amont, au moment de la conception du projet.

- le nouméa : quel est le pouvoir réel de la cellule ?
- Anne Loste : Ce système existe déjà en Métropole où la réglementation est très stricte dans ce domaine. Ce n'est pas le cas en Nouvelle-Calédonie, où les notions d'intégration dans le site, mais aussi de sauvegarde du patrimoine sont assez récentes, et où les compétences en la matière sont partagées entre la Ville, la Province Sud et la Nouvelle-Calédonie. Il ne faut donc pas se faire trop d'illusion : notre possibilité d'intervention est limitée ! Nous nous appuyons cependant sur des textes réglementaires qui sont déjà en vigueur, comme le Plan d'Urbanisme Directeur, le permis de construire et ses prescriptions architecturales, ou l'article U11 du code de l'Urbanisme sur l'aspect et les éléments extérieurs des constructions. Ce sont des bases sur lesquelles nous pouvons déjà travailler et dont nous nous servons par exemple pour la délivrance de permis de construire. Des textes complémentaires sur le permis de démolir et le droit de préemption attendent d'être examinés par le Gouvernement et adoptés par le Congrès. Finalement, la concertation est le vrai pouvoir de cette " cellule ", c'est à dire que nous comptons beaucoup sur les vertus du dialogue et sur le civisme des interlocuteurs pour arriver à un point de vue commun sur un projet.

- le nouméa : Ne va-t-on pas reprocher à la cellule de porter atteinte à la liberté d'expression artistique ?
- Anne Loste : On nous reprochait de laisser faire n'importe quoi. Aujourd'hui, nous souhaitons faire prendre conscience aux gens de la nécessité d'harmoniser nos réalisations, quelle qu'elles soient, et en commençant par donner nous même l'exemple. Mais attention ! Harmonisation ne veut pas dire uniformisation. au contraire ! Chaque quartier, presque chaque rue a sa propre identité qu'il faut pouvoir garder. Mais bien qu'appliquée depuis de nombreuses années dans la plupart des grandes villes métropolitaines, et souhaitée aujourd'hui par beaucoup de Nouméens, nous imagnons en effet que cette cellule va faire craindre à quelques-uns une ingérence dans la liberté d'expression architecturale et artistique. A ceux-là, nous leur répondons qu'il ne s'agit nullement d'imposer des vues mais de se concerter, de voir différemment les choses et d'empêcher les abus.ou les erreurs qui de toute façon, parce que c'est l'institution identifiée, ne sont toujours reprochées qu'à la Municipalité. Franchement, qui s'en plaindrait ?.

décembre 2001

 

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