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  Actualité > Dossiers > Un nouveau centre de traitement des déchets urbains - le nouméa n°76

La forte urbanisation de l'agglomération du Grand Nouméa, associée aux effets de la société de consommation, nécessite aujourd’hui d'envisager un nouveau site de traitement des déchets, après la fermeture prochaine du Centre d'enfouissement technique (CET) de Ducos.

La Mairie a donc lancé un appel d’offre pour la réalisation et l’exploitation du futur centre, à l’échelle de la Province Sud, après avoir arrêté 5 choix de principe et 2 pistes concrètes. Il faut d’ailleurs noter que c'est par souci de bonne gestion que la Ville de Nouméa a décidé de lancer un appel à concurrence. En effet, elle n'a pas d'obligation légale pour ce nouveau contrat de concession. (la loi n° 93-122 du 29 janvier 1993 dite "loi Sapin" sur les marchés publics n'est pas applicable aux communes de Nouvelle-Calédonie).

Le futur site : il sera écologique et vivra 30 ans

Il devra répondre à plusieurs critères de dimension, d’exigences écologiques, d’impératifs économiques et de durée de vie. Les dimensions et le choix du site du futur centre de traitement des déchets seront à l'échelle de la Province Sud.

Les communes du Sud pourront soit apporter leurs déchets au centre de transfert à Ducos, soit les livrer directement au nouveau centre de traitement.

La recherche pour un nouveau site a été effectuée par la Province Sud dans les communes environnantes et complétée par la Ville de Nouméa. Les contraintes d’un centre de traitement, site classé, sont d’abord économiques et écologiques : il est donc nécessaire de s'assurer que les conditions des aménagements garantissent la protection de l'environnement.

Par ailleurs, sa réalisation représente un investissement initial très lourd - évalué entre 1 et 1,5 milliard - qui doit être programmé sur le long terme, avec une durée de vie d'au moins 30 ans.

La situation géographique du site doit donc intégrer le développement futur de l'agglomération afin de conserver le centre opérationnel, quelle que soit la forte urbanisation, prévisible sur une telle durée.

Enfin, la Province Sud s’est imposée des exigences supplémentaires en décidant d'appliquer les normes européennes de protection de l'environnement et de la santé publique


L'usager et le nouveau site : quelles modifications pour le Nouméen ?

• aucune pour ses déplacements : le dépôt se fera toujours à Ducos. Ainsi, pour l'usager, quelle que soit la localisation du nouveau site, cela n'introduit pas de nouvelles habitudes. Les communes de Nouméa et du Grand Nouméa auront accès aux services du traitement soit en apportant les déchets sur la plate-forme de Ducos, qui reste un centre de tri et de transfert, soit en les acheminant directement au nouveau centre de traitement des déchets.

• une augmentation du coût du service: effectivement, il faut s’y attendre, compte tenu de la décision prise d'appliquer les normes européennes pour la protection durable de l'environnement et de la santé publique. Le coût du traitement de la tonne de déchets sera plus élevé.

Mais attention ! pas d’inquiétude excessive pour la facture du Nouméen. La facture représente le prix de la collecte et celui du traitement. Or, la collecte n'augmente pas, et le traitement représente moins d'un quart de la facture. Il faut en outre rappeler que la situation exceptionnellement peu coûteuse que nous connaissons aujourd’hui ne peut durer. En effet, le coût de la tonne exploitée au CET de Ducos est exceptionnellement bas (1.200 f) : l'installation ayant 40 ans d'âge, elle n'était pas soumise aux contraintes techniques actuelles de protection de l'environnement et l'investissement avait été moins lourd. Enfin, cet investissement, totalement rentabilisé, n'était plus, depuis longtemps, répercuté sur la facture de l'usager.

Les préférences de Nouméa : 5 choix de principe

Si les options techniques et pratiques restent libres, la Mairie de Nouméa a arrêté 5 choix de principe qui sont des exigences de rigueur :

• la gestion sera assurée par un opérateur privé, pour des raisons économiques. (Voir " les options ")
• l’appel d’offres publiques : la ville n’était pas obligée de choisir cette méthode plus contraignante que les autres de mise en concurrence. Elle se l’est imposée à elle même pour des raisons de transparence et d’équité
• une vision d’avenir à 30 ans : parce que l’investissement est lourd, il est important de choisir un lieu qui ne sera pas rattrapé trop rapidement par l’urbanisation
• la priorité à l’environnement : en décidant d’appliquer les normes européennes, la Mairie a placé la barre très haut. Bien que les règles de " protection durable de l’environnement et de la santé publique " de la loi de 1997 ne soient pas applicables sur le territoire, l’exécutif municipal a décidé d’en tenir compte, afin de préserver l’environnement et de ne pas polluer la nappe phréatique
• une coopération intercommunale : la future installation devra servir à plusieurs communes. Dumbéa, Montdore, Païta, et peut être même, si le site le permet géographiquement, Boulouparis, Farino, La Foa, et Sarraméa. Cela confirme le souhait de la " dimension provinciale ".

La Mairie de Nouméa annonce 2 pistes

Cependant, celles-ci ne sont pas figées, et peuvent évoluer avec les offres qui seront proposées par les opérateurs :

• le traitement par enfouissement est à priori préféré à l’incinération. (Voir " les options ").
• le site le plus approprié est Boulouparis, pour des raisons de nature de sol particulièrement étanche, et de micro-climat, peu pluvieux. (voir " les options "). Cette localisation ne représenterait pas de surcoût pour la facture de l’usager : le prix du transport par camions est beaucoup moins élevé que le coût du pré-traitement d’un sol poreux. Aussi, à côté des préférences écologiques, il est donc souhaitable, pour des raisons économiques, de choisir un site lointain dont le terrain est adapté, plutôt qu’un site proche dont le sol nécessite des aménagements préalables.

Les options

La Ville de Nouméa a précisé ses préférences en matière de technique de traitement des déchets, de localisation
du site et de mode de gestion. Mais aucune n’est figée et des propositions différentes peuvent être finalement retenues :

• à propos du type de traitement des déchets : 2 possibilités.

- le traitement par enfouissement : un " CET " nécessite un terrain de grande superficie, actuellement non disponible dans la commune de Nouméa. C'est toutefois aujourd'hui l'option privilégiée par la Mairie.

- le traitement par incinération : ce traitement peut présenter certains inconvénients, notamment des délais de
réalisation assez longs (plus de 2 ans) et un coût du traitement à la tonne généralement élevé. Cette formule n'est pas écartée, mais devra prouver qu’elle ne nuit pas à l’environnement.

• à propos des sites de localisations :
7 possibilités sur 5 communes. Plusieurs solutions ont été envisagées sur la commune de Nouméa.
Le projet d'extension du site actuel de Ducos dans la Baie de Koutio n'a pas abouti et la recherche de terrains susceptibles d'accueillir ce projet sur la commune s'est révélée infructueuse. (Voir encadré : les sites envisagés - Dumbea - Païta - Mont-Dore - Boulouparis)

• à propos du mode de gestion : 2 possibilités pour la réalisation, puis l'exploitation du futur centre de traitement
des déchets :

- une gestion en régie directe par la Ville : cette gestion implique des contraintes budgétaires fortes dues à l'investissement très élevé ainsi qu’une augmentation des effectifs. Ce mode de gestion a d’ailleurs été abandonné en 1988 pour des raisons économiques, au profit de la concession.

- une délégation par concession : cette formule permet à la collectivité locale de confier la réalisation d'un ouvrage public et sa gestion à un professionnel spécialisé. C'est en outre une gestion économe des deniers publics.

Le CET de Ducos : une fermeture programmée

En 1963, le "dépotoir" de Nouméa est créé à Ducos. La ville compte alors 35.000 habitants. En 1998 le dépotoir est transformé en Centre d'enfouissement technique (CET) et l'exploitation en est confiée à la Calédonienne de service public (CSP). Aujourd'hui, le CET reçoit les déchets de Nouméa et du Grand Nouméa. Les 82.000 Nouméens produisent 120.000 tonnes de déchets par an et les habitants de Dumbéa, Mont Dore et Païta environ 13.000.

Après 2 autorisations de rehausse, il est prévu de fermer le CET à la fin de l'année : la saturation du site rend nécessaire la cessation de l'activité de traitement des déchets. Par ailleurs, l'application de l'arrêté interministériel du 9 septembre 1997 rend impératif l'ouverture d'une autre installation : le CET de Ducos ne répond plus aux nouvelles normes de protection de l'environnement.

Les sites envisagés

Sur la Commune de Dumbéa, les sites du Pic aux Chèvres et de la Quarantaine :

• Le Pic aux Chèvres. Le coût des terrains est dissuasif. Il suppose également l'aménagement d'infrastructures routières, tel un pont pour traverser la R.T.1, et des travaux de remblais qui augmentent de manière importante le coût de l'aménagement du site.

• La quarantaine. Cette proposition proche de Nouméa n'a pas abouti en raison de l'opposition des propriétaires du site et d'une mauvaise qualité du terrain mettant en péril la mangrove et la zone naturelle protégée qui recouvre pour moitié la superficie de la parcelle.

Sur la Commune de Païta, les sites de Gadgi et du terrain Bernanos :

• Le site de Gadgi, facile d'accès, présente des difficultés dues au développement touristique du secteur. Il est à la proximité de propriétées privées limitrophes et présente un surcoût d'aménagement en raison de la géologie du terrain.

• Le terrain Bernanos, présente une mauvaise qualité géologique qui se traduirait par une sérieuse augmentation
des coûts de construction. L'impact visuel du site et la présence d'habitations dans un rayon de 500 mètres ne permettent pas de donner raisonnablement suite à ce projet.

Sur la Commune du Mont-Dore, le site de Mouirange :

• La géologie du site engendre un surcoût d'aménagement pour respecter les prescriptions de l'arrêté interministériel du 9 septembre 1997 relatif aux installations de stockage de déchets ménagers. En effet, la gestion des eaux des bassins versants amonts ainsi que le volume des lixiviats (jus de décharge) produits en raison d'une zone à forte pluviométrie, demandent des aménagements techniques coûteux.

• Ce site présente en outre un accès difficile pour les transferts par roulage en raison de liaisons routières traversant de longues zones habitées (Mont Dore) et une ascension du Col de Mouirange.

Sur la Commune de Boulouparis, le site de Oumbagou :

• Le site étudié s'est révélé d'une très bonne potentialité géologique confirmée par la présence de niveaux argileux et d'altération présentant une très faible perméabilité.

• En raison d'une pluviométrie identique à celle du Sahel, le volume de lixiviats à traiter serait relativement faible
et la gestion des bassins amonts et avals s'en trouverait simplifiée, excluant ainsi toute probabilité de pollution de la nappe phréatique.

• Ce terrain appartient à un seul propriétaire privé, et sa capacité de stockage très importante permettra une durée de vie pouvant dépasser 30 ans.

• Par sa situation, un tel projet revêt un caractère provincial permettant ainsi aux communes rurales de la Province Sud (La Foa, Moindou, Bourail, Boulouparis, Farino) d'envisager l'utilisation d'un tel outil et donc l'économie substantielle d'une installation aux normes pour chacune d'entre elles. Situé à 70 km de Nouméa, ce site ne risquera pas d’être rejoint par l’urbanisation très rapide du grand Nouméa car on sait qu’habitat résidentiel et centre d’enfouissement des déchets ne font pas bon ménage.

• Enfin, la création d'un tel centre assurera le développement d'un pôle d'activité environnemental sur le secteur rural (emplois et sous-traitance locale).

mai 2002

 

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