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La forte urbanisation de l'agglomération du Grand
Nouméa, associée aux effets de la société
de consommation, nécessite aujourd’hui d'envisager
un nouveau site de traitement des déchets, après
la fermeture prochaine du Centre d'enfouissement technique
(CET) de Ducos.
La Mairie a donc lancé un appel d’offre pour
la réalisation et l’exploitation du futur centre,
à l’échelle de la Province Sud, après
avoir arrêté 5 choix de principe et 2 pistes
concrètes. Il faut d’ailleurs noter que c'est
par souci de bonne gestion que la Ville de Nouméa a
décidé de lancer un appel à concurrence.
En effet, elle n'a pas d'obligation légale pour ce
nouveau contrat de concession. (la loi n° 93-122 du 29
janvier 1993 dite "loi Sapin" sur les marchés
publics n'est pas applicable aux communes de Nouvelle-Calédonie).
 Le futur site : il sera écologique et vivra 30 ans
Il devra répondre à plusieurs critères
de dimension, d’exigences écologiques, d’impératifs
économiques et de durée de vie. Les dimensions
et le choix du site du futur centre de traitement des déchets
seront à l'échelle de la Province Sud.
Les communes
du Sud pourront soit apporter
leurs déchets au centre de transfert à Ducos,
soit les livrer directement au nouveau centre de traitement.
La
recherche pour un nouveau site a été effectuée
par la Province Sud dans les communes environnantes et complétée
par la Ville de Nouméa. Les contraintes d’un
centre de traitement, site classé, sont d’abord
économiques et écologiques : il est donc nécessaire
de s'assurer que les conditions des aménagements garantissent
la protection de l'environnement.
Par ailleurs, sa réalisation représente un
investissement initial très lourd - évalué
entre 1 et 1,5 milliard - qui doit être programmé
sur le long terme, avec une durée de vie d'au moins
30 ans.
La
situation géographique du site doit donc intégrer
le développement futur de l'agglomération afin
de conserver le centre opérationnel, quelle que soit
la forte urbanisation, prévisible sur une telle durée.
Enfin, la Province Sud s’est imposée des exigences
supplémentaires en décidant d'appliquer les
normes européennes de protection de l'environnement
et de la santé publique
L'usager et le nouveau site : quelles modifications pour le Nouméen ?
• aucune pour ses déplacements : le dépôt
se fera toujours à Ducos. Ainsi, pour l'usager, quelle
que soit la localisation du nouveau site, cela n'introduit
pas de nouvelles habitudes. Les communes de Nouméa
et du Grand Nouméa auront accès aux services
du traitement soit en apportant les déchets sur la
plate-forme de Ducos, qui reste un centre de tri et de transfert,
soit en les acheminant directement au nouveau centre de traitement
des déchets.
• une augmentation du coût du service: effectivement,
il faut s’y attendre, compte tenu de la décision
prise d'appliquer les normes européennes pour la protection
durable de l'environnement et de la santé publique.
Le coût du traitement de la tonne de déchets
sera plus élevé.
Mais attention ! pas d’inquiétude excessive
pour la facture du Nouméen. La facture représente
le prix de la collecte et celui du traitement. Or, la collecte
n'augmente pas, et le traitement représente moins d'un
quart de la facture. Il faut en outre rappeler que la situation
exceptionnellement peu coûteuse que nous connaissons
aujourd’hui ne peut durer. En effet, le coût de
la tonne exploitée au CET de Ducos est exceptionnellement
bas (1.200 f) : l'installation ayant 40 ans d'âge, elle
n'était pas soumise aux contraintes techniques actuelles
de protection de l'environnement et l'investissement avait
été moins lourd. Enfin, cet investissement,
totalement rentabilisé, n'était plus, depuis
longtemps, répercuté sur la facture de l'usager.
Les préférences de Nouméa : 5 choix de principe
Si les options techniques et pratiques restent libres, la
Mairie de Nouméa a arrêté 5 choix de principe
qui sont des exigences de rigueur :
• la gestion sera assurée par un opérateur
privé, pour des raisons économiques. (Voir "
les options ")
• l’appel d’offres publiques : la ville
n’était pas obligée de choisir cette méthode
plus contraignante que les autres de mise en concurrence.
Elle se l’est imposée à elle même
pour des raisons de transparence et d’équité
• une vision d’avenir à 30 ans : parce
que l’investissement est lourd, il est important de
choisir un lieu qui ne sera pas rattrapé trop rapidement
par l’urbanisation
• la priorité à l’environnement
: en décidant d’appliquer les normes européennes,
la Mairie a placé la barre très haut. Bien que
les règles de " protection durable de l’environnement
et de la santé publique " de la loi de 1997 ne
soient pas applicables sur le territoire, l’exécutif
municipal a décidé d’en tenir compte,
afin de préserver l’environnement et de ne pas
polluer la nappe phréatique
• une coopération intercommunale : la future
installation devra servir à plusieurs communes. Dumbéa,
Montdore, Païta, et peut être même, si le
site le permet géographiquement, Boulouparis, Farino,
La Foa, et Sarraméa. Cela confirme le souhait de la
" dimension provinciale ".
La Mairie de Nouméa annonce 2 pistes
Cependant, celles-ci ne sont pas figées, et peuvent
évoluer avec les offres qui seront proposées
par les opérateurs :
• le traitement par enfouissement est à priori
préféré à l’incinération.
(Voir " les options ").
• le site le plus approprié est Boulouparis,
pour des raisons de nature de sol particulièrement
étanche, et de micro-climat, peu pluvieux. (voir "
les options "). Cette localisation ne représenterait
pas de surcoût pour la facture de l’usager : le
prix du transport par camions est beaucoup moins élevé
que le coût du pré-traitement d’un sol
poreux. Aussi, à côté des préférences
écologiques, il est donc souhaitable, pour des raisons
économiques, de choisir un site lointain dont le terrain
est adapté, plutôt qu’un site proche dont
le sol nécessite des aménagements préalables.
Les options
La Ville de Nouméa a précisé ses préférences
en matière de technique de traitement des déchets,
de localisation
du site et de mode de gestion. Mais aucune n’est figée
et des propositions différentes peuvent être
finalement retenues :
• à propos du type de traitement des déchets
: 2 possibilités.
- le traitement par enfouissement : un " CET " nécessite
un terrain de grande superficie, actuellement non disponible
dans la commune de Nouméa. C'est toutefois aujourd'hui
l'option privilégiée par la Mairie.
- le traitement par incinération : ce traitement peut
présenter certains inconvénients, notamment
des délais de
réalisation assez longs (plus de 2 ans) et un coût
du traitement à la tonne généralement
élevé. Cette formule n'est pas écartée,
mais devra prouver qu’elle ne nuit pas à l’environnement.
• à propos des sites de localisations :
7 possibilités sur 5 communes. Plusieurs solutions
ont été envisagées sur la commune de
Nouméa.
Le projet d'extension du site actuel de Ducos dans la Baie
de Koutio n'a pas abouti et la recherche de terrains susceptibles
d'accueillir ce projet sur la commune s'est révélée
infructueuse. (Voir encadré : les sites envisagés
- Dumbea - Païta - Mont-Dore - Boulouparis)
• à propos du mode de gestion : 2 possibilités
pour la réalisation, puis l'exploitation du futur centre
de traitement
des déchets :
- une gestion en régie directe par la Ville : cette
gestion implique des contraintes budgétaires fortes
dues à l'investissement très élevé
ainsi qu’une augmentation des effectifs. Ce mode de
gestion a d’ailleurs été abandonné
en 1988 pour des raisons économiques, au profit de
la concession.
- une délégation par concession : cette formule
permet à la collectivité locale de confier la
réalisation d'un ouvrage public et sa gestion à
un professionnel spécialisé. C'est en outre
une gestion économe des deniers publics.
Le CET de Ducos : une fermeture programmée
En 1963, le "dépotoir" de Nouméa
est créé à Ducos. La ville compte alors
35.000 habitants. En 1998 le dépotoir est transformé
en Centre d'enfouissement technique (CET) et l'exploitation
en est confiée à la Calédonienne de service
public (CSP). Aujourd'hui, le CET reçoit les déchets
de Nouméa et du Grand Nouméa. Les 82.000 Nouméens
produisent 120.000 tonnes de déchets par an et les
habitants de Dumbéa, Mont Dore et Païta environ
13.000.
Après 2 autorisations de rehausse, il est prévu
de fermer le CET à la fin de l'année : la saturation
du site rend nécessaire la cessation de l'activité
de traitement des déchets. Par ailleurs, l'application
de l'arrêté interministériel du 9 septembre
1997 rend impératif l'ouverture d'une autre installation
: le CET de Ducos ne répond plus aux nouvelles normes
de protection de l'environnement.
Les sites envisagés
Sur la Commune de Dumbéa, les sites du Pic aux Chèvres
et de la Quarantaine :
• Le Pic aux Chèvres. Le coût des terrains
est dissuasif. Il suppose également l'aménagement
d'infrastructures routières, tel un pont pour traverser
la R.T.1, et des travaux de remblais qui augmentent de manière
importante le coût de l'aménagement du site.
• La quarantaine. Cette proposition proche de Nouméa
n'a pas abouti en raison de l'opposition des propriétaires
du site et d'une mauvaise qualité du terrain mettant
en péril la mangrove et la zone naturelle protégée
qui recouvre pour moitié la superficie de la parcelle.
Sur la Commune de Païta, les sites de Gadgi et du
terrain Bernanos :
• Le site de Gadgi, facile d'accès, présente
des difficultés dues au développement touristique
du secteur. Il est à la proximité de propriétées
privées limitrophes et présente un surcoût
d'aménagement en raison de la géologie du terrain.
• Le terrain Bernanos, présente une mauvaise
qualité géologique qui se traduirait par une
sérieuse augmentation
des coûts de construction. L'impact visuel du site et
la présence d'habitations dans un rayon de 500 mètres
ne permettent pas de donner raisonnablement suite à
ce projet.
Sur la Commune du Mont-Dore, le site de Mouirange :
• La géologie du site engendre un surcoût
d'aménagement pour respecter les prescriptions de l'arrêté
interministériel du 9 septembre 1997 relatif aux installations
de stockage de déchets ménagers. En effet, la
gestion des eaux des bassins versants amonts ainsi que le
volume des lixiviats (jus de décharge) produits en
raison d'une zone à forte pluviométrie, demandent
des aménagements techniques coûteux.
• Ce site présente en outre un accès difficile
pour les transferts par roulage en raison de liaisons routières
traversant de longues zones habitées (Mont Dore) et
une ascension du Col de Mouirange.
Sur la Commune de Boulouparis, le site de Oumbagou :
• Le site étudié s'est révélé
d'une très bonne potentialité géologique
confirmée par la présence de niveaux argileux
et d'altération présentant une très faible
perméabilité.
• En raison d'une pluviométrie identique à
celle du Sahel, le volume de lixiviats à traiter serait
relativement faible
et la gestion des bassins amonts et avals s'en trouverait
simplifiée, excluant ainsi toute probabilité
de pollution de la nappe phréatique.
• Ce terrain appartient à un seul propriétaire
privé, et sa capacité de stockage très
importante permettra une durée de vie pouvant dépasser
30 ans.
• Par sa situation, un tel projet revêt un caractère
provincial permettant ainsi aux communes rurales de la Province
Sud (La Foa, Moindou, Bourail, Boulouparis, Farino) d'envisager
l'utilisation d'un tel outil et donc l'économie substantielle
d'une installation aux normes pour chacune d'entre elles.
Situé à 70 km de Nouméa, ce site ne risquera
pas d’être rejoint par l’urbanisation très
rapide du grand Nouméa car on sait qu’habitat
résidentiel et centre d’enfouissement des déchets
ne font pas bon ménage.
• Enfin, la création d'un tel centre assurera
le développement d'un pôle d'activité
environnemental sur le secteur
rural (emplois et sous-traitance locale).
mai 2002 |