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  Actualité > Dossiers > La nouvelle filière de traitement des déchets - le nouméa n°78

Le Centre d’Enfouissement Technique (CET) de Ducos termine sa vie. Elle aura duré près de 40 ans, après que sa fermeture a été repoussée 3 fois par des rehaussements successifs. Aujourd’hui, avec la forte urbanisation du grand Nouméa et les effets de la société de consommation, on traite à Ducos 120 000 tonnes de déchets par an, dont 80 % sont produits sur la commune de Nouméa et les 20 % restants sur Dumbéa, Païta et Mont-Dore. Le « dépotoir » des années 60 a vécu. Vive les nouvelles installations écologiques : un Centre de Tri et de Transit (CTT) à Ducos et une Installation de Stockage des Déchets (ISD) à Boulouparis, aux normes européennes de préservation de l’environnement.

Une dimension provinciale

Après étude et appel d’offres, c’est le site d’Oumbagou à Boulouparis qui a été choisi pour accueillir la nouvelle installation de stockage des déchets parmi 6 autres possibilités situées sur Dumbéa, Païta et Mont-Dore. Aucun terrain n’était disponible sur Nouméa. Ainsi il sera à la dimension de la province Sud, et pourra être utilisé par de nombreuses communes rurales qui n’ont pas les moyens d’investir dans une structure aussi importante.

Elles pourront alors fermer les dépotoirs qui ne respectent pas l’environnement. En effet, il faut dépenser entre 7 et 8 milliards d’investissements pour un centre de stockage respectant les dernières normes pour la protection durable de l’environnement et la santé de la population. A Boulouparis, la nouvelle installation aura une durée de vie de 30 à 40 ans, ce qui permettra de rentabiliser ce lourd investissement.

Ecologique et économique

Grâce à l’appel d’offres, un débat public s’est établi. La mairie souhaitait ouvrir la discussion pour en faire jaillir la meilleure solution pour le traitement de ses déchets. C’est ainsi qu’a été écartée la méthode de l’incinération. Bien que séduisante au premier abord et bénéficiant d’une certaine vogue, elle s’avère plus coûteuse et plus risquée. L’incinération n’est pas adaptée à la Calédonie : elle est le mode de traitement choisi par des pays à forte concentration urbaine et manquant d’espace. De plus, le dernier exemple d’empoisonnement à la dioxine (Angers, juin 2002) fait toujours craindre pour la pollution atmosphérique et la santé des riverains. Enfin, tout ne peut pas être incinéré et les résidus d’incinération (30 % du tonnage des déchets) doivent de toute façon être traités, ce qui impliquait, quelle que soit la solution retenue, la création d’un centre de stockage.

Le transfert des déchets vers Boulouparis (3 rotations en moyenne par jour pour chacun des 4 camions) revient moins cher que les travaux qu’il aurait été nécessaire d’engager pour un site plus proche mais de moins bonne qualité géologique. En effet, le site retenu est celui qui présente la meilleure garantie pour l’environnement du fait de son étanchéité naturelle et de sa faible pluviosité. Le risque de pollution est ainsi réduit au maximum. Enfin, ne seront stockés à Boulouparis que les déchets non dangereux, contrairement à ce qui se passe, aujourd’hui, à Ducos où tout est déversé sans distinction. Les piles, batteries, huiles, solvants, déchets infectieux, ferrailles… suivront des filières de traitement séparées.

Rien ne se perd !

La mairie a également souhaité une gestion moderne et responsable de ses déchets. La protection de l’environnement exige que l’on ne stocke que les déchets qui ne sont pas valorisables par des méthodes techniquement et économiquement viables. A cet égard, un objectif de recyclage de 25 % en tonnage a été fixé. L’isolement de la Nouvelle-Calédonie ne permet pas le recyclage de toutes les matières comme en Métropole où les usines de traitement sont facilement accessibles. Par contre, les déchets de jardinage (« déchets verts ») représentent 55 % du volume des déchets produits et 18 % du tonnage. Ce gisement sera recyclé localement en compost et participera à l’embellissement de la commune (pépinière municipale, aménagements paysagers).

En outre, les déchets liquides biodégradables (fosses septiques) ne seront plus déversés dans une fosse comme actuellement mais traités et recyclés pour l’arrosage du compost. Les pneumatiques seront utilisés comme protection de fond de casier de l’installation de stockage de Boulouparis. Ainsi Nouméa fera mieux que beaucoup de communes de Métropole qui peinent à atteindre l’objectif national de 20 % de déchets recyclés. Enfin, la conception de la future installation de Boulouparis permettra également la valorisation du gaz de fermentation en énergie électrique. L’évolution des techniques et le développement de la population favoriseront sans doute, à l’avenir, d’autres filières de recyclage.

Qu’est-ce qui va changer ?

Pour le particulier et les artisans de Nouméa, pas de changement : c’est toujours à Ducos que les déchets seront apportés. Ils seront ensuite triés et orientés vers les filières adaptées (stockage à Boulouparis ou valorisation/ exportation). Les habitants des autres communes pourront choisir d’apporter leurs déchets à Ducos (CTT) ou directement à Boulouparis (ISD).

En revanche, une augmentation du service est déjà chiffrée. L’ancien centre était rentabilisé depuis longtemps et ses contraintes en matière de protection de l’environnement, datant de 40 ans, n’étaient plus aux normes. Le prix du traitement était donc exceptionnellement bas (1 230 F/tonne). Pour la nouvelle filière, il faudra bien participer à l’investissement et au surcoût du respect de l’environnement. C’est l’effort que nous devons faire pour les générations futures.

« Nous n’héritons pas la Terre de nos parents, nous l’empruntons à nos enfants. »
Antoine de Saint-Exupéry

Vos interrogations

Q : Pourquoi ne pas continuer à enfouir les déchets comme par le passé ?
R : Afin de préserver les futures générations et d’attirer touristes et investisseurs, la Calédonie se doit d’être aux normes environnementales les plus avancées.

Q : Le stockage des déchets est-il le seul moyen de traitement ?
R : Non, il existe toute une panoplie de traitements dans le monde : recyclage, valorisation matière, incinération… Mais le stockage est toujours nécessaire en bout de course, même en cas d’incinération. Seule varie la proportion de déchets qui finissent par être enfouis.

Q : Recyclera-t-on le verre, le papier et les plastiques ?
R : Pour le moment, le nombre d’habitants est insuffisant pour absorber la dépense d’investissement de telles filières. Quant à l’exportation de ces déchets, elle est très coûteuse (celle du papier-carton, par exemple, représente une perte nette de 15 millions par an).

Q : Quels sont les déchets qui seront recyclés alors ?
R : Compostage des déchets verts, recyclage des liquides biodégradables, utilisation des pneus en matériau antiperforant pour les sites de stockage, valorisation énergétique des huiles usées… : un recyclage permettant la diminution du coût du traitement.

Q : Et les déchets dangereux ?
R : Ces déchets ne doivent plus être enfouis comme par le passé. Les huiles usées, solvants, déchets liquides, piles, batteries, déchets infectieux… seront traités à part dans des filières locales adaptées ou exportés pour traitement. La Province Sud, compétente dans ce domaine, examine les solutions à mettre en œuvre.

Q : Devrais-je aller apporter mes déchets à Boulouparis ?
R : Non, en tant que Nouméen, vos déchets ménagers seront toujours collectés sans changement, de même que vos objets encombrants et déchets verts. De plus, vous aurez toujours la possibilité de venir déposer gratuitement vos déchets au CTT de Ducos.

Q : Qui me garantit que la solution retenue est sans danger pour l’environnement ?
R : Des contrôles très stricts sont prévus. Le site d’Oumbagou sera une installation classée inspectée par le Service des Mines. Le niveau de la norme choisie (Arrêté ministériel du 9 septembre 1997) garantit une totale innocuité vis-à-vis de l’environnement.

Q : Quand sera lancée cette nouvelle filière ?
R : Cela dépend des procédures administratives (enquête publique, demande d’autorisation d’exploiter…) et du délai de réalisation des nouvelles installations de transit et de stockage. Si tout se passe comme prévu, la nouvelle filière sera opérationnelle pour fin 2003/début 2004.

novembre 2002

 

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