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Le Centre d’Enfouissement Technique (CET) de Ducos
termine sa vie. Elle aura duré près de 40 ans,
après que sa fermeture a été repoussée
3 fois par des rehaussements successifs. Aujourd’hui,
avec la forte urbanisation du grand Nouméa et les effets
de la société de consommation, on traite à
Ducos 120 000 tonnes de déchets par an, dont 80 % sont
produits sur la commune de Nouméa et les 20 % restants
sur Dumbéa, Païta et Mont-Dore. Le « dépotoir
» des années 60 a vécu. Vive les nouvelles
installations écologiques : un Centre de Tri et de
Transit (CTT) à Ducos et une Installation de Stockage
des Déchets (ISD) à Boulouparis, aux normes
européennes de préservation de l’environnement.
Une dimension provinciale
Après étude et appel d’offres, c’est
le site d’Oumbagou à Boulouparis qui a été
choisi pour accueillir la nouvelle installation de stockage
des déchets parmi 6 autres possibilités situées
sur Dumbéa, Païta et Mont-Dore. Aucun terrain
n’était disponible sur Nouméa. Ainsi il
sera à la dimension de la province Sud, et pourra être
utilisé par de nombreuses communes rurales qui n’ont
pas les moyens d’investir dans une structure aussi importante.
Elles pourront alors fermer les dépotoirs qui ne respectent
pas l’environnement. En effet, il faut dépenser
entre 7 et 8 milliards d’investissements pour un centre
de stockage respectant les dernières normes pour la
protection durable de l’environnement et la santé
de la population. A Boulouparis, la nouvelle installation
aura une durée de vie de 30 à 40 ans, ce qui
permettra de rentabiliser ce lourd investissement.

Ecologique et économique
Grâce à l’appel d’offres, un débat
public s’est établi. La mairie souhaitait ouvrir
la discussion pour en faire jaillir la meilleure solution
pour le traitement de ses déchets. C’est ainsi
qu’a été écartée la méthode
de l’incinération. Bien que séduisante
au premier abord et bénéficiant d’une
certaine vogue, elle s’avère plus coûteuse
et plus risquée. L’incinération n’est
pas adaptée à la Calédonie : elle est
le mode de traitement choisi par des pays à forte concentration
urbaine et manquant d’espace. De plus, le dernier exemple
d’empoisonnement à la dioxine (Angers, juin 2002)
fait toujours craindre pour la pollution atmosphérique
et la santé des riverains. Enfin, tout ne peut pas
être incinéré et les résidus d’incinération
(30 % du tonnage des déchets) doivent de toute façon
être traités, ce qui impliquait, quelle que soit
la solution retenue, la création d’un centre
de stockage.
Le transfert des déchets vers Boulouparis (3 rotations
en moyenne par jour pour chacun des 4 camions) revient moins
cher que les travaux qu’il aurait été
nécessaire d’engager pour un site plus proche
mais de moins bonne qualité géologique. En effet,
le site retenu est celui qui présente la meilleure
garantie pour l’environnement du fait de son étanchéité
naturelle et de sa faible pluviosité. Le risque de
pollution est ainsi réduit au maximum. Enfin, ne seront
stockés à Boulouparis que les déchets
non dangereux, contrairement à ce qui se passe, aujourd’hui,
à Ducos où tout est déversé sans
distinction. Les piles, batteries, huiles, solvants, déchets
infectieux, ferrailles… suivront des filières
de traitement séparées.
Rien ne se perd !
La mairie a également souhaité une gestion
moderne et responsable de ses déchets. La protection
de l’environnement exige que l’on ne stocke que
les déchets qui ne sont pas valorisables par des méthodes
techniquement et économiquement viables. A cet égard,
un objectif de recyclage de 25 % en tonnage a été
fixé. L’isolement de la Nouvelle-Calédonie
ne permet pas le recyclage de toutes les matières comme
en Métropole où les usines de traitement sont
facilement accessibles. Par contre, les déchets de
jardinage (« déchets verts ») représentent
55 % du volume des déchets produits et 18 % du tonnage.
Ce gisement sera recyclé localement en compost et participera
à l’embellissement de la commune (pépinière
municipale, aménagements paysagers).
En outre, les déchets liquides biodégradables
(fosses septiques) ne seront plus déversés dans
une fosse comme actuellement mais traités et recyclés
pour l’arrosage du compost. Les pneumatiques seront
utilisés comme protection de fond de casier de l’installation
de stockage de Boulouparis. Ainsi Nouméa fera mieux
que beaucoup de communes de Métropole qui peinent à
atteindre l’objectif national de 20 % de déchets
recyclés. Enfin, la conception de la future installation
de Boulouparis permettra également la valorisation
du gaz de fermentation en énergie électrique.
L’évolution des techniques et le développement
de la population favoriseront sans doute, à l’avenir,
d’autres filières de recyclage.

Qu’est-ce qui va changer ?
Pour le particulier et les artisans de Nouméa, pas
de changement : c’est toujours à Ducos que les
déchets seront apportés. Ils seront ensuite
triés et orientés vers les filières adaptées
(stockage à Boulouparis ou valorisation/ exportation).
Les habitants des autres communes pourront choisir d’apporter
leurs déchets à Ducos (CTT) ou directement à
Boulouparis (ISD).
En revanche, une augmentation du service est déjà
chiffrée. L’ancien centre était rentabilisé
depuis longtemps et ses contraintes en matière de protection
de l’environnement, datant de 40 ans, n’étaient
plus aux normes. Le prix du traitement était donc exceptionnellement
bas (1 230 F/tonne). Pour la nouvelle filière, il faudra
bien participer à l’investissement et au surcoût
du respect de l’environnement. C’est l’effort
que nous devons faire pour les générations futures.
« Nous n’héritons pas
la Terre de nos parents, nous l’empruntons à
nos enfants. »
Antoine de Saint-Exupéry
Vos interrogations
Q : Pourquoi ne pas continuer à enfouir les déchets
comme par le passé ?
R : Afin de préserver les futures générations
et d’attirer touristes et investisseurs, la Calédonie
se doit d’être aux normes environnementales les
plus avancées.
Q : Le stockage des déchets est-il le seul moyen
de traitement ?
R : Non, il existe toute une panoplie de traitements dans
le monde : recyclage, valorisation matière, incinération…
Mais le stockage est toujours nécessaire en bout de
course, même en cas d’incinération. Seule
varie la proportion de déchets qui finissent par être
enfouis.
Q : Recyclera-t-on le verre, le papier et les plastiques
?
R : Pour le moment, le nombre d’habitants est insuffisant
pour absorber la dépense d’investissement de
telles filières. Quant à l’exportation
de ces déchets, elle est très coûteuse
(celle du papier-carton, par exemple, représente une
perte nette de 15 millions par an).
Q : Quels sont les déchets qui seront recyclés
alors ?
R : Compostage des déchets verts, recyclage des liquides
biodégradables, utilisation des pneus en matériau
antiperforant pour les sites de stockage, valorisation énergétique
des huiles usées… : un recyclage permettant la
diminution du coût du traitement.
Q : Et les déchets dangereux ?
R : Ces déchets ne doivent plus être enfouis
comme par le passé. Les huiles usées, solvants,
déchets liquides, piles, batteries, déchets
infectieux… seront traités à part dans
des filières locales adaptées ou exportés
pour traitement. La Province Sud, compétente dans ce
domaine, examine les solutions à mettre en œuvre.
Q : Devrais-je aller apporter mes déchets à
Boulouparis ?
R : Non, en tant que Nouméen, vos déchets ménagers
seront toujours collectés sans changement, de même
que vos objets encombrants et déchets verts. De plus,
vous aurez toujours la possibilité de venir déposer
gratuitement vos déchets au CTT de Ducos.
Q : Qui me garantit que la solution retenue est sans danger
pour l’environnement ?
R : Des contrôles très stricts sont prévus.
Le site d’Oumbagou sera une installation classée
inspectée par le Service des Mines. Le niveau de la
norme choisie (Arrêté ministériel du 9
septembre 1997) garantit une totale innocuité vis-à-vis
de l’environnement.
Q : Quand sera lancée cette nouvelle filière
?
R : Cela dépend des procédures administratives
(enquête publique, demande d’autorisation d’exploiter…)
et du délai de réalisation des nouvelles installations
de transit et de stockage. Si tout se passe comme prévu,
la nouvelle filière sera opérationnelle pour
fin 2003/début 2004.
novembre 2002 |