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Le dépotoir de Ducos des années 60 a vécu. Saturé, ne répondant plus aux normes écologiques,
il doit laisser la place à des nouvelles structures : une installation de stockage des déchets (ISD) à Boulouparis et un centre de tri et de transit (CTT) à Ducos. Le conseil municipal du 1er juillet
dernier a présenté, en réunion publique, le projet d’un point de vue technique.
D’un dépotoir créé en 1963, le site de Ducos est devenu un centre d’enfouissement technique (CET) en 1994. Il constitue
aujourd’hui une colline de 34 mètres de déchets à ciel ouvert. 120 000 tonnes de déchets ménagers, industriels et déchets
verts y sont déversées annuellement, en provenance de Nouméa mais aussi Dumbéa, Mont-Dore et Païta. Trop c’est trop,
d’où la recherche d’équipements nouveaux et conformes à la législation sur la protection de la nature.
La mairie de Nouméa a opté pour le traitement des déchets par stockage et revalorisation, solution choisie sur des critères économiques et écologiques. Ces installations doivent obligatoirement être opérationnelles en juillet 2005, fin de la
capacité de stockage du site de Ducos.
Stockage plutôt qu’incinération : pourquoi ?
C’est la solution la plus adaptée à la
Nouvelle-Calédonie. Comme pour nos voisins
(Nouvelle-Zélande, Australie) qui ont
une faible densité de population et de
l’espace suffisant, le stockage est le mode
de traitement le plus économique et le plus écologique.
économique
L’incinération coûte 50% plus cher à la
tonne, même après déduction de l’énergie
récupérée et n’est possible que lorsqu’une
grande quantité constante de déchets est
assurée. Le coût augmente encore si les
incinérateurs s’interrompent !
Brûler les déchets est la solution par défaut,
lorsqu’il n’y a pas le choix, comme à
Singapour ou Taïwan, parce que l’espace
disponible est rare et que les coûts sont répartis
entre une grande quantité d’utilisateurs.
écologique
Les déchets stockés sont compactés dans
des casiers étanches, puis recouverts au
fur et à mesure par de la terre de déblais
et de la végétation. A la fin de vie de l’exploitation
(dans 40 ans), il ne restera que
des collines.
En revanche, la dioxyne répandue dans l’atmosphère
en cas d’incinération des déchets
n’est pas un phénomène rare, a alerté de
nombreuses associations d’écologistes et
souvent fait stopper l’exploitation.
durable
Le stockage est une installation indispensable,
y compris en cas d’incinération car 40%
des déchets qui ne se consumment pas
doivent être enfouis : sur 100 tonnes de
déchets incinérés, il en reste 40 à enfouir.
Cette unité centrale est donc un pas vers
l’avenir si les conditions permettaient un
jour à la Calédonie de faire fonctionner une
usine d’incinération qui soit rentable.
Boulouparis : pourquoi ?
Parmi huit possibilités, le site de
Boulouparis s’est imposé par les qualités
naturelles du terrain et pour des raisons économiques.
3 avantages naturels
- les très bonnes qualités géologiques et
l’étanchéité dues à l’argile, la faible pluviosité
de la zone sont les meilleures garanties
pour l’environnement : le volume des “lixiviats” (résidus liquides d’écoulement) à
traiter pour protéger la nappe phréatique,
est limité au maximum.
- la grande capacité de stockage du terrain
(30 à 40 hectares) au coeur d’une emprise
de 100 hectares avec une réserve d’une
bande sans habitation de 200 mètres en
périphérie et l’absence de projets d’urbanisation à court et moyen terme, permettent
de compter sur une exploitation d’une durée
de près de 40 ans.
- la localisation assure un positionnement
provincial. Outre les communes de l’agglomération
du grand Nouméa (Dumbéa,
Mont-Dore, Nouméa, Païta), les communes
rurales de la province Sud comme La
Foa, Moindou, Bourail, Boulouparis,
Farino, pourraient ainsi accéder facilement à l’installation, fermer leurs dépotoirs,
qui ne sont plus aux normes, voire
même supprimer certains dépotoirs sauvages,
et utiliser cet outil collectif sans
faire d’ investissement lourd.
3 raisons économiques
- la conséquence économique des qualités
naturelles du terrain est que le coût
nécessaire à l’aménagement est diminué
d’autant.
- la longue durée de vie assure une rentabilité
avant la fin de vie de l’exploitation.
- le terrain, d’une grande capacité, appartient à 1 seul propriétaire privé, facilitant
les négociations.
Transport des déchets : quelles conséquences ?
Il est aujourd’hui impossible d’envisager
un centre de traitement aux portes de
Nouméa, pour des questions de place. Le
CET de Ducos est, quant à lui, saturé.
Transformé en un centre de tri et de recyclage,
les camions-bennes partiront de là
et transporteront les déchets “ultimes”
(non recyclables) vers le centre de traitement
choisi.
Un transport est donc forcément obligatoire
et aucun site n’est possible à moins de 10
km (Dumbéa). C’est donc un coût nouveau,
qui n’existait pas avec l’exploitation
du CET de Ducos et avec lequel il faudra
bien compter.
sur la facture ?
L’éloignement coûte moins cher que l’aménagement
du terrain.
Sur la facture des usagers, la part du
transport est de 18%, celle de la construction
et de l’exploitation est de 66%. Plus
près ne signifie pas moins cher.
Installer le centre de traitement à Dumbéa
plutôt qu’à Boulouparis ferait gagner 30 km
et 5,4% du prix, mais pèserait plus lourd
en investissement.
sur les routes ?
Cela augmenterait le trafic de 0,3% !
Que ce soit sur 10 km (hypothèse
Dumbéa, la plus proche de Nouméa) ou sur
70 km (hypothèse Boulouparis), il s’agira de
14 rotations de véhicules semi-remorques
par jour, qui seront d’autant mieux absorbées
par la circulation lorsque le doublement
de la voie express sera achevé.
Entre le CET de Ducos et l’ISD de Boulouparis, quelle différence ?
40 ans de progrès écologique et technologique
!
L’augmentation des populations et
le souci de plus en plus aigu de
protection de l’environnement font
toute la différence entre un “dépotoir” créé
dans les années 60 à Ducos pour 35 000
habitants et une “Installation de Stockage
des Déchets” (ISD) qui pourra absorber
150 000 tonnes de déchets annuels selon
les normes européennes (les plus strictes)
pour la sécurité de l’environnement.
En plus de l’ISD de Boulouparis, un
CTT (centre de tri et de transit) est
aménagé à Ducos,où on recyclera 1/4
des déchets dès l’ouverture de la filière :
- liquides biodégradables (résidus de fosses
septiques et de bacs à graisse) épurés
et utilisés en eau d’arrosage
- boues des stations d’épuration et déchets
verts valorisés en compost
- “déchets spéciaux” (aérosols, piles, solvants)
orientés vers des unités de traitements
ou exportés
- pneus utilisés en couches d’étanchéité
pour le fonds des casiers de l’ISD
- “biogazs” brûlés pour évaporer les résidus
liquides des casiers, et à court terme,
transformés en électricité (7 000 MWh par
an dès 2008, soit 2 fois la consommation
des habitants de Boulouparis).
Ce sera une première en Nouvelle-Calédonie.
Un investissement que nous partagerons
tous sur notre facture, mais qui doit être
considéré comme un héritage pour nos
enfants.
Une dimension intercommunale et provinciale, pour quelles raisons ?
pour faire des économies
géographiquement situé à Boulouparis, il
suffirait d’1 seule installation accessible et
ouverte à toutes les communes qui le souhaitent
: une économie d’échelle considérable
si l’on sait qu’une étude provinciale évaluait les besoins à 3 ou 4 centres de
traitement.
Une économie également pour les communes
qui bénéficieront d’une installation
existante, d’un meilleur niveau technologique, à un meilleur prix.
pour donner une chance à l’environnement
les communes qui choisiront l’ISD pourront
mettre un terme à une pollution de plus en
plus voyante en fermant leurs dépotoirs
souvent obsolètes et en supprimant les
dépotoirs sauvages.
s’unir pour être plus fort
La mairie de Nouméa a organisé des
réunions de concertation avec les 3 autres
communes de l’agglomération (Dumbéa,
Mont-Dore, Païta) dès le début du projet,
en janvier 2002, et avant le lancement de
l’appel d’offre, afin que la réalisation soit
celle du “grand Nouméa”.
La facture augmente avant même la construction de l’ISD, pourquoi ?
La nouvelle installation aurait dû
fonctionner en juin 2004,au moment
de la fermeture définitive du centre d’enfouissement
technique de Ducos.
Comptant sur 12 mois de travaux, l’appel
d’offre avait été lancé en mars 2002.
Mais un recours en annulation déposé par
le groupe “Nouméa, c’est capital(e)” en
octobre 2003 a mis le projet en suspens.
La CSP, concessionnaire dès octobre
2002 pour la réalisation de ce chantier a
différé le début des travaux, en attente de
la réponse du tribunal administratif, justifiant
qu’un investissement de 8 milliards
nécessitait le feu vert juridique.
Le tribunal a débouté le recours, bonne
nouvelle pour la mairie de Nouméa.... mais
c’est maintenant la province Sud qui tarde à donner l’autorisation de “site classé”,
permettant l’ouverture de l’enquête
publique.
En attendant, le centre de Ducos,
qui a déjà fait l’objet de 3 autorisations
consécutives de réhausse est à son point
de saturation maximale. Pour absorber les
135 000 tonnes de déchets en surplus,
correspondant aux 12 mois d’exploitation
supplémentaires, des aménagements écologiques
et techniques doivent être effectués
: digues de protection, récupération
des lixiviats (résidus liquides produits la
décomposition), suivi topographique, comblement
de la fosse à huile avec des scories
pour récupérer une zone de stockage,
achat d’un nouveau pont bascule, clôture
et gardiennage du site du Mont Té (où sont
traités les déchets verts), location d’un
broyeur de plus.
Ainsi, l'aménagement provisoire de Ducos
représente une augmentation de 15%, tandis
que l'accroissement de la quantité des
déchets entraîne 6% de hausse. 21% au
total se répercutent donc dès à présent sur
la facture de l’usager.
septembre 2004 |