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  Actualité > Dossiers > Le dépotoir de Ducos - le nouméa n°82

Le dépotoir de Ducos des années 60 a vécu. Saturé, ne répondant plus aux normes écologiques, il doit laisser la place à des nouvelles structures : une installation de stockage des déchets (ISD) à Boulouparis et un centre de tri et de transit (CTT) à Ducos. Le conseil municipal du 1er juillet dernier a présenté, en réunion publique, le projet d’un point de vue technique.

D’un dépotoir créé en 1963, le site de Ducos est devenu un centre d’enfouissement technique (CET) en 1994. Il constitue aujourd’hui une colline de 34 mètres de déchets à ciel ouvert. 120 000 tonnes de déchets ménagers, industriels et déchets verts y sont déversées annuellement, en provenance de Nouméa mais aussi Dumbéa, Mont-Dore et Païta. Trop c’est trop, d’où la recherche d’équipements nouveaux et conformes à la législation sur la protection de la nature. La mairie de Nouméa a opté pour le traitement des déchets par stockage et revalorisation, solution choisie sur des critères économiques et écologiques. Ces installations doivent obligatoirement être opérationnelles en juillet 2005, fin de la capacité de stockage du site de Ducos.

Stockage plutôt qu’incinération : pourquoi ?

C’est la solution la plus adaptée à la Nouvelle-Calédonie. Comme pour nos voisins (Nouvelle-Zélande, Australie) qui ont une faible densité de population et de l’espace suffisant, le stockage est le mode de traitement le plus économique et le plus écologique.

économique

L’incinération coûte 50% plus cher à la tonne, même après déduction de l’énergie récupérée et n’est possible que lorsqu’une grande quantité constante de déchets est assurée. Le coût augmente encore si les incinérateurs s’interrompent ! Brûler les déchets est la solution par défaut, lorsqu’il n’y a pas le choix, comme à Singapour ou Taïwan, parce que l’espace disponible est rare et que les coûts sont répartis entre une grande quantité d’utilisateurs.

écologique

Les déchets stockés sont compactés dans des casiers étanches, puis recouverts au fur et à mesure par de la terre de déblais et de la végétation. A la fin de vie de l’exploitation (dans 40 ans), il ne restera que des collines. En revanche, la dioxyne répandue dans l’atmosphère en cas d’incinération des déchets n’est pas un phénomène rare, a alerté de nombreuses associations d’écologistes et souvent fait stopper l’exploitation.

durable

Le stockage est une installation indispensable, y compris en cas d’incinération car 40% des déchets qui ne se consumment pas doivent être enfouis : sur 100 tonnes de déchets incinérés, il en reste 40 à enfouir. Cette unité centrale est donc un pas vers l’avenir si les conditions permettaient un jour à la Calédonie de faire fonctionner une usine d’incinération qui soit rentable.

Boulouparis : pourquoi ?

Parmi huit possibilités, le site de Boulouparis s’est imposé par les qualités naturelles du terrain et pour des raisons économiques.

3 avantages naturels

- les très bonnes qualités géologiques et l’étanchéité dues à l’argile, la faible pluviosité de la zone sont les meilleures garanties pour l’environnement : le volume des “lixiviats” (résidus liquides d’écoulement) à traiter pour protéger la nappe phréatique, est limité au maximum.

- la grande capacité de stockage du terrain (30 à 40 hectares) au coeur d’une emprise de 100 hectares avec une réserve d’une bande sans habitation de 200 mètres en périphérie et l’absence de projets d’urbanisation à court et moyen terme, permettent de compter sur une exploitation d’une durée de près de 40 ans.

- la localisation assure un positionnement provincial. Outre les communes de l’agglomération du grand Nouméa (Dumbéa, Mont-Dore, Nouméa, Païta), les communes rurales de la province Sud comme La Foa, Moindou, Bourail, Boulouparis, Farino, pourraient ainsi accéder facilement à l’installation, fermer leurs dépotoirs, qui ne sont plus aux normes, voire même supprimer certains dépotoirs sauvages, et utiliser cet outil collectif sans faire d’ investissement lourd.

3 raisons économiques

- la conséquence économique des qualités naturelles du terrain est que le coût nécessaire à l’aménagement est diminué d’autant.

- la longue durée de vie assure une rentabilité avant la fin de vie de l’exploitation.

- le terrain, d’une grande capacité, appartient à 1 seul propriétaire privé, facilitant les négociations.

Transport des déchets : quelles conséquences ?

Il est aujourd’hui impossible d’envisager un centre de traitement aux portes de Nouméa, pour des questions de place. Le CET de Ducos est, quant à lui, saturé. Transformé en un centre de tri et de recyclage, les camions-bennes partiront de là et transporteront les déchets “ultimes” (non recyclables) vers le centre de traitement choisi.

Un transport est donc forcément obligatoire et aucun site n’est possible à moins de 10 km (Dumbéa). C’est donc un coût nouveau, qui n’existait pas avec l’exploitation du CET de Ducos et avec lequel il faudra bien compter.

sur la facture ?

L’éloignement coûte moins cher que l’aménagement du terrain. Sur la facture des usagers, la part du transport est de 18%, celle de la construction et de l’exploitation est de 66%. Plus près ne signifie pas moins cher. Installer le centre de traitement à Dumbéa plutôt qu’à Boulouparis ferait gagner 30 km et 5,4% du prix, mais pèserait plus lourd en investissement.

sur les routes ?

Cela augmenterait le trafic de 0,3% ! Que ce soit sur 10 km (hypothèse Dumbéa, la plus proche de Nouméa) ou sur
70 km (hypothèse Boulouparis), il s’agira de 14 rotations de véhicules semi-remorques par jour, qui seront d’autant mieux absorbées par la circulation lorsque le doublement de la voie express sera achevé.

Entre le CET de Ducos et l’ISD de Boulouparis, quelle différence ?

40 ans de progrès écologique et technologique !

L’augmentation des populations et le souci de plus en plus aigu de protection de l’environnement font toute la différence entre un “dépotoir” créé dans les années 60 à Ducos pour 35 000 habitants et une “Installation de Stockage des Déchets” (ISD) qui pourra absorber 150 000 tonnes de déchets annuels selon les normes européennes (les plus strictes) pour la sécurité de l’environnement.

En plus de l’ISD de Boulouparis, un CTT (centre de tri et de transit) est aménagé à Ducos,où on recyclera 1/4 des déchets dès l’ouverture de la filière :

- liquides biodégradables (résidus de fosses septiques et de bacs à graisse) épurés et utilisés en eau d’arrosage
- boues des stations d’épuration et déchets verts valorisés en compost
- “déchets spéciaux” (aérosols, piles, solvants) orientés vers des unités de traitements ou exportés
- pneus utilisés en couches d’étanchéité pour le fonds des casiers de l’ISD
- “biogazs” brûlés pour évaporer les résidus liquides des casiers, et à court terme, transformés en électricité (7 000 MWh par an dès 2008, soit 2 fois la consommation des habitants de Boulouparis).

Ce sera une première en Nouvelle-Calédonie. Un investissement que nous partagerons tous sur notre facture, mais qui doit être considéré comme un héritage pour nos enfants.

Une dimension intercommunale et provinciale, pour quelles raisons ?

pour faire des économies

géographiquement situé à Boulouparis, il suffirait d’1 seule installation accessible et ouverte à toutes les communes qui le souhaitent : une économie d’échelle considérable si l’on sait qu’une étude provinciale évaluait les besoins à 3 ou 4 centres de traitement.

Une économie également pour les communes qui bénéficieront d’une installation existante, d’un meilleur niveau technologique, à un meilleur prix.

pour donner une chance à l’environnement

les communes qui choisiront l’ISD pourront mettre un terme à une pollution de plus en plus voyante en fermant leurs dépotoirs souvent obsolètes et en supprimant les dépotoirs sauvages.

s’unir pour être plus fort

La mairie de Nouméa a organisé des réunions de concertation avec les 3 autres communes de l’agglomération (Dumbéa, Mont-Dore, Païta) dès le début du projet, en janvier 2002, et avant le lancement de l’appel d’offre, afin que la réalisation soit celle du “grand Nouméa”.

La facture augmente avant même la construction de l’ISD, pourquoi ?

La nouvelle installation aurait dû fonctionner en juin 2004,au moment de la fermeture définitive du centre d’enfouissement technique de Ducos. Comptant sur 12 mois de travaux, l’appel d’offre avait été lancé en mars 2002. Mais un recours en annulation déposé par le groupe “Nouméa, c’est capital(e)” en octobre 2003 a mis le projet en suspens. La CSP, concessionnaire dès octobre 2002 pour la réalisation de ce chantier a différé le début des travaux, en attente de la réponse du tribunal administratif, justifiant qu’un investissement de 8 milliards nécessitait le feu vert juridique.

Le tribunal a débouté le recours, bonne nouvelle pour la mairie de Nouméa.... mais c’est maintenant la province Sud qui tarde à donner l’autorisation de “site classé”, permettant l’ouverture de l’enquête publique. En attendant, le centre de Ducos, qui a déjà fait l’objet de 3 autorisations consécutives de réhausse est à son point de saturation maximale. Pour absorber les 135 000 tonnes de déchets en surplus, correspondant aux 12 mois d’exploitation supplémentaires, des aménagements écologiques et techniques doivent être effectués : digues de protection, récupération des lixiviats (résidus liquides produits la décomposition), suivi topographique, comblement de la fosse à huile avec des scories pour récupérer une zone de stockage, achat d’un nouveau pont bascule, clôture et gardiennage du site du Mont Té (où sont traités les déchets verts), location d’un broyeur de plus.

Ainsi, l'aménagement provisoire de Ducos représente une augmentation de 15%, tandis que l'accroissement de la quantité des déchets entraîne 6% de hausse. 21% au total se répercutent donc dès à présent sur la facture de l’usager.

septembre 2004

 

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