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  Actualité > Dossiers > 150ème anniversaire de Nouméa

Pour connaître les 150 ans de l’histoire de Nouméa, évoquer savamment ses heures d’enthousiasme ou de grisaille, entretenir notre nostalgie, saisir la poésie de cette ville-jardin, vous pouvez lire ces quelques pages, illustrées de photos authentiques. Puis, muni de ce bagage, je vous invite alors à musarder par les rues de la ville pour mieux la comprendre et l’aimer. Découvrir un point de vue inattendu, apprécier une bâtisse ancienne, deviner un vieux mur vénérable, repérer un détail d’architecture, être séduit par ce mélange fait de strates successives et charmantes. Comme vous, je tiens à ce patrimoine et je fais en sorte de le conserver chaque fois que l’occasion m’est donnée.

Jean Lèques - Maire de Nouméa

1854, Port-de-France

La Constantine se rendit donc directement […] à la baie de Nou-Méa. Ce qui nous frappa tout d’abord, ce fut la splendeur du port, que notre chaloupe avait reconnue à l’entrée de la baie de Nou-Méa, port formé d’une presqu’île accidentée qui présente dans ses coupures plusieurs anses qui pourraient elles-mêmes recevoir des navires, et par une île qui court parallèlement à la côte. […] Il est impossible, en un mot, de rien voir de plus complet que ce port, dont tous les avantages ressortent d’un simple regard jeté sur le plan détaillé que nous en avons levé.


On y lit de prime abord : sécurité complète, facilité de défense contre une attaque de l’ennemi et appropriation facile à toute espèce d’établissement, entrée et sortie commodes avec tous les vents. […] J’ai pensé ne pouvoir donner un nom meilleur que celui de Port-de-France à cette précieuse découverte”.

En officier de la marine française avisé, le capitaine de vaisseau Tardy de Montravel semble avoir vu juste. Tout du moins a-t-il privilégié les critères militaires : un port idéal, vaste et pratique, une défense aisée tant sur terre que sur mer. La future citée calédonienne est avant tout un poste fortifié : un fort y est aussitôt construit en pierres de taille par les ouvriers-artilleurs sur l’ordre de leur capitaine. Le fort Constantine et un sémaphore dominent ainsi les baies.

Toutefois, très vite, le choix de l’emplacement de Port-de-France est remis en question, d’autant que le terrain est très accidenté ce qui freine son expansion. Pire : l’eau fait cruellement défaut. « Ces inconvénients sont tels que, si de nouvelles recherches et le creusement de puits ne parvenaient à nous donner de l’eau abondamment, il faudrait sérieusement songer à transporter ailleurs notre établissement de Port-de-France », écrit Tardy de Montravel en 1855 au ministre de la Marine. Et, en dehors de quelques travaux d’appointement, il faudra attendre 13 ans pour bénéficier d’une indispensable conduite d’eau.

En 1864, l’ingénieur Jules Garnier dépeint, non sans sarcasme, les pénibles conséquences engendrées par cette pénurie, vécues au quotidien par les premiers habitants - civils et surtout militaires - de la cité naissante : « […] le ruisseau le plus voisin est au Pont-des-Français, à dix kilomètres. Ainsi, à la Nouvelle-Calédonie dans une des îles les mieux arrosées du monde, on a installé le chef-lieu où l’eau manque tout à fait, et où l’on est obligé pour s’en procurer de recueillir, quand il pleut, celle qui découle des toits.

Quant aux puits que l’on creuse, ils ne rencontrent généralement les eaux qu’au niveau de la mer, et celles-ci sont saumâtres. Les toitures étant ainsi les surfaces qui servent à colliger les eaux pluviales, les pigeons domestiques sont sévèrement interdits. Mais lorsqu’il n’a pas plu depuis quelques semaines, on boit un liquide de conserve rempli de larves de moustiques et autres que l’on voit s’agiter et se mouvoir dans tous les sens au milieu du fluide, et, supplice d’un autre genre sous ce soleil brûlant, où de fréquentes ablutions sont non seulement agréables, mais encore hygiéniques, […] dans ce pays, où la santé générale était excellente, où l’on ne mourait pas, le chiffre de la mortalité s’est élevé sensiblement, ainsi que le témoignent les dernières statistiques.»

Ainsi Port-de-France, en fin de compte, ne sera pas déplacée. En revanche, par une décision impériale du 14 mars 1866, la cité changera de nom pour celui de Nouméa – sujet à bien des interprétations. Il y avait eu en effet de regrettables confusions dans l’envoi du courrier et des marchandises avec Fort-de-France, capitale de la Martinique…

1864, le début du bagne

A partir de 1864, une nouvelle période allait marquer, et pour longtemps, la jeune cité et la Nouvelle-Calédonie toute entière : celle du bagne. C’est au gouverneur Charles Guillain que revient la délicate mission d’accueillir les premiers bagnards. En 1866, il écrit à un ministre : « L’essai de transportation ayant été, sur ma demande, décidé en 1863 par votre excellence, un contingent de 250 transportés arrivait en Nouvelle-Calédonie le 9 mai 1864. Dans l’anse Paddon, sur l’île Nou, emplacement choisi pour effectuer cet essai, tout était à créer pour un pénitencier provisoire, sauf trois masures, débris d’un ancien établissement privé, et qu’il fallut restaurer de fond en comble.

On se mit à l’oeuvre le 28 mai et cinq mois après la frégate l’Iphigénie était complètement débarrassée du personnel et du matériel, installés à terre de manière à permettre suffisamment la santé du premier et la conservation du second. »

A cette époque, la population est, toujours, composée essentiellement de militaires. « Les colons étaient encore loin d’être aussi nombreux que les gens du gouvernement, rapporte encore Jules Garnier ; ceux-ci, y compris les militaires et les marins, s’élevaient à un millier environ, tandis qu’il n’y avait pas plus de 4 ou 500 civils. »

Quelques années plus tard, en 1870, Nouméa compte tout de même 5 000 âmes environ – assemblage cosmopolite des races d’Europe, d’Asie et du Pacifique. C’est cette année-là que de nouveaux habitants viennent grossir les rangs du bagne : les déportés. Ces rescapés de la Commune sont pour quelques-uns instruits et cultivés. Ils marqueront leurs passages et laisseront des témoignages littéraires de retour en métropole. Ils sont gardés dans l’enceinte fortifiée de la presqu’île Ducos ou dans les paillotes des vallées de Numbo et de Tindu, comme le décrit l’un d’entre eux, Joannès Caton : « Dans la première vallée, à quelques mètres de distance les unes des autres, dix, quinze, vingt mètres au plus, les condamnés ont construit en paille, bois et boue, une centaine de cases, dites paillotes, basses, étroites, pleines de puces et de moustiques et ayant toutes une apparence triste. Elles sont entourées de concessions de terrains séparées par de légères barrières de broussailles et le tout constitue la capitale de la déportation : la ville de Numbo. Dans la deuxième vallée, appelée Tindu, séparée de la première par une légère élévation, d’autres déportés ont édifié une vingtaine d’autres paillotes dans un même nombre de concessions de terrain. Dans cette ville comme dans Numbo, des baraquements d’assez grandes dimensions et en planches, attendent les familles des déportés, qui, paraît-il, sont en route pour venir rejoindre leur chef. »

Comme le définit la loi du 23 mars 1872, les déportés bénéficient d’une certaine liberté : « Les condamnés à l’enceinte fortifiée jouiront dans la presqu’île Ducos de toute la liberté comptable avec la nécessité d’assurer la garde de leur personne et le maintien de l’ordre. Après les appels, ils peuvent circuler librement sur tout le territoire limité seulement par le chemin de ronde de l’est ».

Toutefois, les conditions de vie restent très pénibles et la Nouvelle-Calédonie pour beaucoup d’entre eux est leur dernier voyage. Ainsi en témoigne le jeune déporté Henri Bauër : « Une soixantaine de tombes s’y alignent au bout de huit années : les déportés dans une enceinte fortifiée ont été à peu près décimés. » Pendant ce temps, Nouméa commence à se structurer : la cité est dotée d’une conduite d’eau en 1877, d’un palais du gouvernement, d’une école communale pour les filles, d’une banque, de bâtiments militaires, d’ateliers… Peu à peu, l’état de la voirie s’améliore, contre vents et marées… « à la suite des grandes pluies, quelques parties de la ville se transforment en marécages, explique Charles Blin, aide-commissaire de la marine sur l’avisotransport La Vire : certains quartiers tels que les abords du quai et les voies avoisinantes, la place des Cocotiers deviennent impraticables et cette situation se prolonge autant que la cause qui la détermine. »

1880, entre développement et monotonie

Pendant cette période, Nouméa héberge quelques hommes marquants, à l’image à l’île Nou, de Berezowski, auteur de la tentative d’assassinat à Paris sur l’empereur de Russie. Ou encore d’Higginson, véritable self made man, personnage haut en couleurs, à qui l’on doit la première usine d’extraction du nickel à la pointe Chaleix. Les conditions de vie s’améliorent très nettement : Nouméa a maintenant l’éclairage au gaz dans les rues, les quartiers se développent faubourg des Colons, Anse-Vata, Port-Despointes. La cité compte également un consulat anglais, un observatoire, un jardin, des guinguettes.

De belles villas se construisent en bord de mer, rivalisant avec les anciennes maisons coloniales. Toutefois, de telles constructions sont trop rares, et Nouméa ressemble encore à un campement, avec ses cabanes en planches et en toits de tôles, fort chères à louer de surcroît. Témoin de cette époque, Maximilien-Albert Legrand, rapporte qu’« Ayant trop peu d’espace pour se développer au bord de la mer, la cité s’est peu à peu étendue dans les vallée voisines par quartiers successivement construits.

Aussi n’a-t-elle pas l’aspect grandiose résultant d’une compacte agglomération de bâtiments, et ressemble-telle plutôt à un grand bourg environné de nombreux villages, cachés dans les divers replis de la côte. Pas de clochers, ni de tours ; pas d’édifices aux vastes proportions pour attirer le regard. A gauche l’hôpital, à droite les constructions de l’artillerie, toutes à plate-forme et sans toiture inclinée. De çi, de là, quelques maisons, quelques magasins plus élevés : voilà Nouméa vue de loin.

Débarquons, sautons dans un fiacre ; nous avons ici des voitures de louage en attendant les tramways. Sur les quais, des ouvriers, des Canaques s’agitent auprès des embarcations qui vont en rade ou en reviennent. Devant nous, des rues larges, assez propres, régulièrement tracées. Partout des colons affairés, des marins, des militaires, des condamnés, des indigènes, voire quelques malabars et des arabes au blanc burnous ; des équipages particuliers et des voitures de charges ; en un mot, l’animation, la vie. C’est plus qu’à l’ordinaire, il est vrai, c’est le jour de l’arrivée du courrier. »

Si la cité peu à peu se structure, divertissements et activités de loisirs se font rares. On s’y ennuie. « Après la courte excitation des fêtes, Nouméa s’était replongée dans son habituelle et irrémédiable inertie. C’était partout le même concert de plaintes, le même et bruyant orchestre de récriminations. Le sol des premiers occupants continuait insensiblement à passer sous la dépendance des sociétés minières, et les syndicats de capitaux cosmopolites ne s’arrêtaient pas de drainer l’épargne de l’industrie locale au seul bénéfice des banques australiennes et du commerce de Sydney », se plaint le visiteur Jean Dargène.

De fait le ralentissement économique a des conséquences directes sur la vie de tous les jours des Nouméens, sur leur dynamisme et leurs projets. Ainsi Nouméa n’attire plus. En 1887, la ville compte un peu plus de 10 000 habitants. Soit un doublement de la population en moins de 17 ans. Mais il lui faudra attendre quarante ans de plus pour atteindre les 20 000. En 1897, avec la fermeture du « robinet d’eau sale », Nouméa est privée de la main d’oeuvre « docile » de la pénitenciaire, bon marché et omniprésente. Du coup, un retard considérable apporté à l’application des plans urbains des ingénieurs militaires donne une impression d’inachèvement.

Cette langueur du chef-lieu caractérise également la première moitié du vingtième siècle. Seul, le nouveau pôle industriel de Doniambo est un puissant élément d’extension urbaine dans les quartiers nord. Un nouveau problème apparaît alors : tandis que la densité urbaine reste très faible, paradoxalement, le manque de logements et l’état d’insalubrité d’un certain nombre de meublés se font cruellement ressentir. La peste sévit même plusieurs fois, jusqu’en 1920…

1930, les années insouciantes

Le bagne n’est plus et s’efface peu à peu. Les gens, unanimes, s’efforcent de l’oublier pour offrir une autre image de leur ville. C’est ainsi que l’île Nou devient Nouville et dans les discussions, transportation et forçats sont des termes tabous.

Il s’agit de réhabiliter Nouméa et de faire disparaître définitivement la mauvaise réputation que le pénitencier lui avait donnée. Au tumulte du bagne, de la Première Guerre mondiale et de la révolte kanak de 1917, les habitants apprécient une vie calme et sans histoires.

On se promène près du Rocher à la Voile, le week-end surtout, car le régime de la semaine anglaise a été adopté On soigne sa respectabilité, mais les ragots vont bon train et la médisance meuble les conversations. Un nouveau visage est une attraction, tout comme le bateau arrivant au port constitue un événement qui rassemble les Nouméens.

« [ Ces derniers ] observent surtout ce que font les autres, rapporte l’ancien attaché au parquet général de Nouméa, Michel Noroit. En Nouvelle-Calédonie, la calomnie et la médisance sont des monstres à l’appétit féroce, qui ont acéré et empoisonné leurs griffes sans mesures ni pitié. »

« Ce grand souci de respectabilité bourgeoise m’a paru fort touchant, poursuit le journaliste Pierre Daye. Les Calédoniens fonctionnaires très nombreux, naturellement, commerçants, colons agricoles, techniciens des exploitations minières sont, de façon apparente, des gens qui tiennent à leur réputation et qui répudient toute fantaisie. »

Les rues de Nouméa sont à présent droites et bien tracées enfin éclairées à l’électricité, tandis que les possibilités de divertissement se sont multipliées : courts de tennis, champ de course à Magenta, vélodrome, plages aménagées. Les rues goudronnées de Nouméa sont sillonnées par près de deux mille autos : voitures de luxe et camions de livreurs s’y croisent et s’y entrecroisent sans répit, se souvient Hélène Lainé, fille d’un commissaire de la marine.

« Des maisons modernes remplacent progressivement les anciennes et, dans la banlieue, ces maisons prennent l’aspect de précieux cottages blottis dans la verdure et les massifs fleuris. La route « Pierre Vernier » contourne les baies de l’Orphelinat, des Citrons, de l’Anse-Vata, de Port-Despointes, offrant l’attrait d’une délicieuse promenade. »

Le commerce est florissant, des hôtels confortables accueillent les visiteurs. Le petit train Nouméa-Païta amène chaque fin de semaine les Nouméens aux portes de la Brousse pour changer d’air, piqueniquer ou chasser. Ses horaires étaient bien conçus : deux rotations quotidiennes dans chaque sens donnaient satisfaction aux usagers, rappelle Henri Daly, entre autres vice-président de la Société d’études historiques de Nouvelle-Calédonie. La gare se trouvait devant l’hôtel du Pacifique (qui, bien entendu, s’appelait alors hôtel de la Gare), la remise des wagons et les ateliers, sensiblement à la hauteur de l’école de la première Vallée du Tir. En été, le dimanche, nous prenions ce petit train avec plaisir. […] Nous partions tout joyeux pour piqueniquer, cueillir des goyaves ou nous baigner à l’Ermitage, à la Dumbéa.

1942, le débarquement allié

Le 12 mars 1942, les Américains débarquent sur l’île pour faire de la Nouvelle-Calédonie le plus grand port allié du Pacifique après celui de San Francisco. Pendant quatre ans, Nouméa est complètement débordée : les rues, les hôtels, les quais, la cathédrale, tout est trop petit pour les cinq cent mille hommes qui ont transité par la Nouvelle-Calédonie, pendant que quelques centaines de Calédoniens, les « Niaoulis » partent grossir le corps expéditionnaire du Pacifique.

Jamais le port et la ville de Nouméa n’avaient connu précédemment pareille activité qu’aux derniers jours de mars
1942. C’est que le 12 mars était arrivée une quinzaine de gros navires transportant des troupes et du matériel de guerre escortés d’une dizaine de croiseurs et escorteurs”, raconte Henri Sautot, nommé gouverneur de la Nouvelle-Calédonie par le général de Gaulle. Les troupes débarquèrent en rade au moyen des chalands et des petits bâtiments de rade disponibles.

A peine mis à terre, des centaines de camions étaient immédiatement utilisés, jour et nuit, au transport des milliers de tonnes de matériel de guerre et de vivres mises à terre pendant plus de 15 jours, de la flotte américaine.

Les rues de Nouméa n’avaient été ni conçues ni construites pour un tel trafic. Dans le quartier du port, elles se coupent à angle droit et deux ou trois seulement avaient été réservées à un sens unique.

Aussi, dans les premiers jours du débarquement, plusieurs accidents graves se produisirent, causant la mort d’un certain nombre de soldats et immobilisant plusieurs camions.

Pour en éviter le retour, le colonel Sebree, chef d’état-major du corps expéditionnaire me demanda d’étendre le sens unique à un certain nombre de rues nouvelles. Je désignai à cet effet une commission.

Au quai de Doniambo de la Société le Nickel, puissamment outillé […] accostèrent les navires transportant le gros matériel de guerre : camions, tanks, artillerie, ainsi que des munitions. Au quai du port de commerce, les autres transports débarquèrent jour et nuit le ravitaillement de campement. »

Prenant – ou louant – d’assaut les bâtiments les plus importants, les Américains aménagèrent eux-mêmes, très vite et un peu partout dans l’île, tous les services indispensables à une armée qui dépassait les 100 000 hommes. En cela, la Seconde Guerre mondiale est un élément décisif du développement urbain : de grands chantiers s’ouvrent dans le sud de la presqu’île, pour permettre l’installation du quartier général et des services de l’armée américaine opérant dans le Pacifique. L’Anse-Vata accueille l’étatmajor.

Les cantonnements et les ateliers donnèrent naissance aux quartiers du Receiving et de Motor-Pool. Durant l’immédiat après-guerre, les pouvoirs publics récupèrent tous les bâtiments « provisoires » de l’Us Army, dont les plus célèbres restent les anciens locaux de la CPS et l’actuelle polyclinique de l’Anse-Vata.

Toute cette animation tire définitivement la ville de sa léthargie. Nouméa entre dans la modernité et sa réputation est bien établie : le bagne a basculé à tout jamais dans le passé. La ville a des cinémas, la TSF, un grand hôpital, des marchandises à profusion et, si le commerce d’autrefois existe encore – la boutique du Chinois et le marché du
dimanche sont toujours aussi pittoresques -, il va bientôt céder la place aux grandes structures qui permettent l’achat à crédit. Place au luxe, à la découverte des objets modernes qui facilitent la vie.

1950, l’expansion

A près le dernier conflit mondial, des périodes fastes et moins fastes se sont succédées à Nouméa. Le plan de 1960 qui posait pour principe « la création de la beauté autour du citadin » opère une véritable sectorisation de l’espace urbain.

Le boom minier de 1968 à 1972 fait éclater le PUD de 1964, le manque de logement devenant lancinant au point que Nouméa accueille camping et caravaning provisoires.

Quatre décennies plus tard, le problème semble perdurer à travers la surpopulation de quelques quartiers et l’apparition des squats.

Mais à la vérité, il dépasse très largement Nouméa, victime de son succès, pour toucher l’agglomération toute entière – Nouméa, Mont-Dore, Dumbéa et Païta – et la Nouvelle-Calédonie dans son ensemble, pour laquelle on parle d’un nécessaire rééquilibrage entre le sud et le nord de la Grande Terre.

De nombreux aménagements sont apportés, une piste cyclable et un golf viennent compléter des installations sportives de plus en plus importantes et qui ont accueilli, en 1966 puis 1987, les milliers d’athlètes des pays et territoires voisins à l’occasion des Jeux du Pacifique Sud. Régulièrement, des compétitions internationales de haut niveau sont organisées sur la commune. Maisons de quartiers, musées, aquarium, parc forestier et centre culturel contribuent au développement culturel de la population. Un peu partout, les centres commerciaux et touristiques animent la ville.

Nouméa, c’est aussi des périodes plus sombres : celles du passage du cyclone dévastateur Collins, des Evénements de 1984, des heurts dans les rues… Mais amorcé dix ans plus tôt par les Accords de Matignon, l’Accord de Nouméa ouvre une nouvelle page de paix et de prospérité à ses habitants. Le développement urbain se poursuit, mieux maîtrisé. Ainsi la ville s’embellit, à l’image de la place des Cocotiers entièrement rénovée, et se modernise, ancrée dans son siècle à l’aube du troisième millénaire.

 

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