Ce quartier se situe sur la côte sud de
la presqu’île de Ducos, au fond de la baie de
Numbo qui s’inscrit en forme d’ « œil
» ( d’où le nom de numbo, en langue mélanésienne)
entre la pointe Kuauri, qui la sépare de l’anse
N’bi, à l’est, et la baie des Dames à
l’ouest.
C’est
dans la baie de Numbo que mouille le 28 septembre 1872, la
Danaé qui transporte un premier contingent de déportés
de la Commune. Ils sont détenus en enceinte fortifiée
dans un pénitentier constitué de paillotes construites
à la hâte sur l’îlot Kuauri.
Par la suite, l’administration pénitentiaire
fait aménager un débarcadère, des entrepôts,
une infirmerie, des logements pour les gardiens et un cimetière
pour ces derniers, qui sera utilisé jusqu’en
1940.
Parmi les « communards » internés
à Numbo, se trouve Henri Rochefort, député,
figure intellectuelle, écrivain, rendu célèbre
par son évasion par la mer un an après son arrivée,
en 1873.
Le pénitencier se vide de ses déportés
en 1880 à la suite de leur amnistie générale.
En 1918, après une remise en état des locaux
on y transfère les hanséniens (victimes de la
lèpre) jusque là isolés sur l’île
aux Chèvres. Ce centre de soins deviendra le centre
Raoul Follereau en hommage à cet homme qui consacra
sa vie aux lépreux et qui visita ce lieu à deux
reprises, en 1952 et en 1956.
Durant la seconde guerre mondiale, la baie de
Numbo est utilisée par les forces américaines
comme lieu de mouillage d’hydravions à longue
portée et de stockage de produits alimentaires.
Par ses activités de chalandage et de
construction navale, le quartier perpétue une tradition
instaurée par les charpentiers de marine qui disposaient
à Numbo d’un domaine réservé qui
fut loti en 1962. Plusieurs industries se sont développées
depuis à Numbo, dont une cimenterie. De son côté,
la DITTT y a implanté sa subdivision des Phares et
balises et la Marine nationale sa base hydrographique de Nouvelle-Calédonie. |